Médias/Télé

Fort heureusement pour elle, la RTBF n'a jamais dû ouvrir ses plateaux de télévision à des personnalités politiques bafouant ouvertement les règles de la démocratie. Et ce pour au moins deux raisons. Un: jusqu'ici, la Communauté française n'a pas vu débouler sur son territoire des personnalités politiques de la trempe d'un Jean-Marie Le Pen. La RTBF ne subit donc a priori aucune pression pour donner la parole à des extrémistes minoritaires (ce qui n'avait pas empêché RTL-TVI d'organiser un débat entre Gérard Deprez et Daniel Feret, avec une belle polémique à la clé). Deux: même si une telle personnalité devait émerger, la radio-télévision publique a mis en place un dispositif suffisant, en apparence, pour éviter que des extrémistes déversent leurs propos haineux via la RTBF.À l'initiative de Pierre Delrock, la RTBF a adopté en 1991 une doctrine empêchant la participation de toute personne membre d'un parti non démocratique à un débat ou à une interview. «À l'origine, précise Simon-Pierre De Coster, directeur du service juridique, cette doctrine visait l'extrême droite. Depuis lors, les choses ont été étendues et consolidées.» Ainsi, en 1999, le Conseil d'État confortait la RTBF -dans un contentieux l'opposant au Front nouveau de Belgique- dans son droit de refuser l'accès à son antenne, mais aussi de juger elle-même le caractère non démocratique d'un parti.

Du côté flamand, le contexte est tout autre avec le phénomène du Vlaams Blok. Récemment, certains avaient été choqués que Filip Dewinter, chef de file du Blok, soit l'invité principal de l'émission politique de la VRT «De Zevende Dag» (LLB, 18/3). Une présence jugée «naturelle» par les responsables de la chaîne publique flamande...

© La Libre Belgique 2003