Médias/Télé Un collectif citoyen publie cinq propositions pour faire changer la RTBF.

Ils ont travaillé dans des domaines aussi variés que la pharmaceutique et le développement durable. Ensemble, ils constituent un collectif de "citoyens actifs" baptisé "La RTBF nous appartient". (En partie) issu du mouvement belge "Tout autre chose" (prônant un nouveau type d’action "politique, souple, ouvert, créatif et réjouissant"), "La RTBF nous appartient" souhaite porter - et défendre - la voix des téléspectateurs au sein du débat public qui doit avoir lieu au parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB).

Pour rappel, le conseil d’administration de la RTBF et le gouvernement de la FWB négocient le prochain contrat de gestion de la radio télévision belge francophone. D’une durée de cinq ans, le contrat fixe - entre autres - les services que doit rendre la RTBF au public en échange des subsides octroyés par la FWB (75 % du budget de la RTBF). L’actuel contrat prendra fin ce 31 décembre 2017 pour être remplacé par une nouvelle mouture le 1er janvier 2018.

Plus de transparence

"Seuls les politiciens et les professionnels du milieu discutent, sans vraiment demander l’avis du public, indique le collectif. Or, étant un média public, il est crucial que la RTBF permette à la population de se prononcer quant au contenu de ses missions. Le groupe de citoyens ‘La RTBF nous appartient’[…] a donc réfléchi à de nouvelles propositions."

Une page Facebook et une pétition ont d’ores et déjà été lancées afin de participer aux auditions publiques qu’organise le Parlement de la FWB. Ces auditions doivent permettre aux députés de valider la proposition du gouvernement et du conseil d’administration de la RTBF, voire de proposer des amendements.

"Nous ne sommes pas sûrs d’être auditionnés, regrette Alexis De Boe, membre du collectif. Or, au-delà des propositions, notre démarche consiste à permettre aux citoyens de se réapproprier le débat. Les contrats de gestion des entreprises publiques comme la RTBF ou la SNCB ont des conséquences très concrètes sur la vie des usagers mais se négocient de manière opaque pour le public."

Le collectif défend cinq propositions

1 Une RTBF sans publicités et sans sponsoring.

"La RTBF nous appartient" a réfléchi à un plan de suppression progressive de la publicité et du sponsoring sur 5 ans. Concernant le placement de produits, le collectif demande sa suppression pure et simple dès 2018. Il propose également une étude indépendante et scientifique pour lister les alternatives qui permettront à la RTBF de mener à bien ses missions.

2 Des émissions culturelles et socio-économiques à des heures attractives.

Il s’agit de fixer un budget pour créer des émissions culturelles, sociales, politiques, à caractère environnemental, pour une diffusion en primetime (début de soirée) sur La Une, de manière régulière (au moins une fois par mois) et offrant une première sensibilisation à un vaste public.

3 Une RTBF gérée par des citoyens, pas que des politiques.

"Actuellement, tous les sièges du Conseil d’administration sont occupés par des personnes choisies en fonction de leur appartenance politique", indique le collectif qui prône un partage équitable des sièges entre membres politiques et citoyens (à travers un tirage au sort et une formation, notamment). "La RTBF nous appartient" convie également le CA à rendre ses discussions publiques.

4 Evaluer la qualité du contrat de gestion et l’appréciation de son application.

Le collectif demande un contrat de gestion clair avec des objectifs et des obligations définis de la manière la plus précise possible, la publication du qualimat TV réalisé en interne par la RTBF (évaluant la qualité des émissions davantage que leurs audiences), et un organigramme détaillé de l’entreprise.

5 Externaliser la médiation et ses émissions.

"La médiation, n’est pas qu’un débat, rappellent les membres de "La RTBF nous appartient". Elle consiste à répondre aux plaintes des usagers et à changer les pratiques si les plaintes s’avèrent justifiées."


Les 25 % restants du budget de la RTBF proviennent des communications commerciales (publicités, sponsoring, placements de produits, etc.) ainsi que - dans une moindre mesure - de la cellule diversification (vente de DVD, livres, etc.).