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Ce soir, le thème du débat de David Lallemand "Opinion publique" est consacré à la séduction. C'est un terme ambigu qui navigue entre la drague et le charme; le premier est volontaire et le second est naturel. Le mot séduction au fil des siècles est passé par bien des nuances. Ce fut surtout dès le XVIIe siècle qu'il fut utilisé et il désignait alors l'action de séduire, mais aussi de corrompre. On parlait alors de la séduction du péché ! Ensuite, il eut le sens d'entraîner par un charme irrésistible et on parla d'ensorcellement et de fascination. A partir du XVIIIe siècle, la séduction est un moyen de séduire, un attrait puissant. Et enfin, la séduction fut analysée au XXe siècle dans la psychanalyse et en particulier dans une théorie de Freud. La séduction s'applique à des choses, comme le dit Roger Caillois dans "L'Art poétique" : "Tout art cherche à plaire. Il est mise en oeuvre de moyens de séduction, qui lui sont propres. Quand il s'agit d'un art du langage, séduire, c'est à la fin persuader." Et la séduction concerne évidemment l'amour : "Une séduction puissante s'exhalait de cette jeune fille, à vouloir en détailler les causes, on ne les retrouvait pas; cependant on ne cessait pas d'en sentir l'action. C'était une de ces créatures qui entraînent, qui enivrent, qui ensorcellent, et qui ne vous disent ni pourquoi, ni comment." (Joseph Arthur, comte de Gobineau "Nouvelles asiatiques"). Ce qui est certain et peut être observé, c'est qu'un certain nombre d'états de l'homme peuvent séduire les autres : le pouvoir, la notoriété, le savoir, par exemple. Le livre à succès du moment "Sexus Politicus" (Albin Michel) de Christophe Deloire et Christophe Dubois ne raconte rien d'autre !