Médias/Télé "Nus et culottés" est de retour pour une cinquième saison sur France 5, ce soir dès 20h50.  Entretien.

Ce programme est une bulle d’oxygène dans un paysage audiovisuel ayant une fâcheuse tendance à répéter des recettes éculées. Pour le cinquième été consécutif, France 5 propose une nouvelle saison de Nus et culottés**. Première destination, ce soir : les Caraïbes, en quête d’un pirate. Dans cette série documentaire pleine de bonne humeur, produite par Bonne Pioche et déclinée en quatre épisodes de 52 minutes, le voyage prend aussi une dimension plus profonde, initiatique.

Un baluchon, et c’est tout. A l’origine de ce concept gonflé : Nans Thomassey et Guillaume Mouton (alias Mouts), deux ingénieurs de formation qui ont un jour osé suivre leurs rêves de gosses. Et de les faire partager, munis de deux caméras paluches fixées à un baluchon. Une troisième est posée, pour capter de loin, les séquences. Au départ de chaque périple, le matériel de prise de vue est d’ailleurs tout ce qu’ils portent. Le principe est de partir nus, sans vêtements et sans argent, en pleine nature. Ils vont ensuite à la rencontre des bonnes âmes qui pourront leur tendre la main, en échange d’une rencontre de qualité. Prochaines destinations : Ibiza (pour rejoindre une île déserte), Londres (à la rencontre d’un super-héros) et Amsterdam (à bord d’une caravane).

"Nous avons eu envie de retrouver des saveurs de débutants. En voyageant par exemple hors de l’Europe, dans les Caraïbes, avec une culture et des façons de voyager différentes, et en réalisant un vieux rêve, celui de faire de la caravane-stop. Ce que fit un Hollandais au début des années 2010, mais avec de l’argent et deux mois pour trouver une voiture-attelage pour l’emmener à Istanbul. Notre challenge est plus dense, puisque nous partons maximum trois semaines. Cela demandait encore plus de présence !", confie Mouts.

2.000 rencontres

Tels des pèlerins, les deux compères partent surtout en quête de "beauté et d’humanité". "Depuis le début, nous avons fait 2000 rencontres. Il y a un fonds d’humanité quelles que soient l’origine, la culture, la religion, et c’est ce dénominateur commun que nous allons chercher. Ce qui n’empêche pas la singularité. J’ai beaucoup été éduqué à porter mon regard sur ce qui nous sépare de l’autre et nous divise. Dans ‘Nus et culottés’, j’ai adoré concentrer mon regard sur ce qui nous relie : les mêmes émotions, les mêmes besoins d’affection, d’écoute, d’amour. Et quand cette rencontre se produit, c’est un miracle. C’est ce dont on aime témoigner dans ces films", s’enflamme Nans.

"La base est identique pour cette cinquième saison, mais ‘Nus et culottés’reste un laboratoire. Nous nous faisons surprendre par les conditions que la vie nous offre. Cette saison, nous avons voyagé avec d’autres personnes, ce qui nous a permis de les rencontrer d’une autre façon que dans leur univers connu. Parfois, ils se découvrent des audaces", poursuit Mouts. Il parle encore de "chemin spirituel au travers de la rencontre, avec l’autre et entre nous, puisque nous sommes continuellement un miroir l’un pour l’autre. C’est pour ça que nous ne faisons que quatre voyages par an. Nous sommes constamment poussés à questionner notre justesse dans nos actes, nos paroles, nos actions, et cela implique que derrière, il y ait une phase d’ajustement."

Communication non violente

Mouts pousse la réflexion : "Nous avons plusieurs outils pour cultiver un climat sain entre nous. Notre premier véhicule, c’est notre corps, et nous nous sommes beaucoup questionnés sur l’alimentation et la gestion émotionnelle, pour être le plus possible disponible. Notre deuxième véhicule, c’est notre amitié, et pour nettoyer régulièrement la relation, nous passons par des techniques de communication non violentes. Ensuite, ce qui peut nous aider, c’est l’écriture, pour poser des mots, donc une pensée, pour prendre du recul."

Cette invitation au voyage peut être symbolique : "Le voyage peut être un état. Pas seulement quelque chose qui se vit sur la route, mais dans chaque rencontre, dans chaque relation. Il s’agit d’oser se dépouiller de tout ce qui nous encombre, obstrue notre cœur. C’est enlever tous les voiles qui nous empêchent d’être clairement qui on est, de jouir de notre potentiel, analyse Nans. A force de vivre de grandes histoires avec des inconnus, je me suis demandé si je vivais, avec mes proches, un dixième de ce que je vis avec des inconnus… Cette réflexion nous a valu un an de pause. Nous avons arrêté de voyager pour passer du temps avec notre famille, et inviter le voyage dans ces relations."