Médias/Télé Anne Charrier porte avec grâce et caractère la série "Maman a tort" : épisodes 1 et 2/6, sur France 2 à 20 h 55. 

Les romans de Michel Bussi ont la cote en télévision. Alors que M6 prépare l’adaptation d’"Un avion sans elle", avec Bruno Solo et Pénélope Rose-Lévèque et que TF1 a choisi "Le Temps est assassin", France 2 met à l’antenne dès ce mercredi.

Cette adaptation libre en 6 épisodes de 52 minutes de l’ouvrage éponyme de l’écrivain à succès (publié en 2015 aux éditions Presses de la cité) se regarde avec une certaine appétence. Mention spéciale d’abord à Anne Charrier, capable d’emmener à elle seule le téléspectateur dans un univers fictionnel qui n’appartient qu’à elle.

Quel que soit le genre (comédie sociale, drame ou policier dans le cas présent), elle insuffle à ses personnages un mélange de force et de fragilité, une féminité qui ne manque pas de chien. Et séduit, d’emblée. Elle a d’ailleurs reçu le prix d’interprétation au Festival Séries Mania pour ce rôle.

Sous le regard du réalisateur François Velle, qui cosigne l’adaptation du roman de Michel Bussi avec Véronique Lecharpy, Anne Charrier campe avec aplomb le commandant de police (ou "la commandante" comme l’appellent ses collègues) Marianne Aubrais.

"Pas ma maman"

Affectée au SRPJ du Havre, elle est régulièrement sous le feu des projecteurs avec de grosses affaires. A l’entame du récit, elle enquête sur un casse qui a eu lieu quelques mois plus tôt dans une bijouterie, et s’est soldé par la mort d’un flic et de deux voyous. Le butin, de plusieurs centaines de milliers d’euros, n’a pas été retrouvé. Et des complices courent toujours.

Cette affaire policière seule n’aurait pas suffi à accrocher l’attention d’un public abreuvé de polars. Une autre histoire va accaparer la commandante. Elle est alertée par un psychologue scolaire, Vasile Drogman (Samuel Theis), sur le cas d’un enfant de 3 ans et demi, Malone, qui affirme que sa mère n’est pas sa mère. Doit-elle prendre cette histoire au sérieux ou la laisser aux services sociaux ? Vasile va se montrer aussi convaincant que charmant.

Avec un soin extrême apporté à l’image, et une créativité appréciable dans la réalisation, François Velle capte des instants suspendus, notamment entre Malone (étonnant Tom d’Ornano) et Amanda (Sophie Quinton), qu’il ne reconnaît pas comme sa maman mais cherche à protéger. D’autres relations viennent étoffer le récit, celles qu’entretient la commandante avec ses acolytes, Papy (Pascal Elbé), un flic désabusé, et Jibé, un papa poule déboussolé (Gil Alma), ou avec son amie Angie (Camille Lou), avec qui elle partage ses soirs de déprime devant un verre au "Rouge".

Malgré quelques pesanteurs et redites inhérentes au format policier français (longueurs, dialogues bavards…), "Maman a tort" fait partie des séries de qualité, audacieuses dans le traitement, que France 2 s’efforce de mettre en avant.

A lire aussi, notre portrait de la comédienne Anne Charrier, de "Maison Close" à "Marjorie", sur le blog La Loi des séries

© IPM