Médias/Télé Ce qui était impossible il y a trois ans devient réalité. Aujourd'hui, un rendez-vous culturel quotidien est né qui manquait fameusement dans notre paysage audiovisuel» et si Jean-Paul Philippot, administrateur général de la RTBF, le reconnaît lui-même, on ne va pas démentir...

La naissance d'Arte Belgique a été rendue possible par la longue relation de confiance entretenue par ses «parents» depuis une dizaine d'années. La toute première coproduction internationale d'Arte? C'était «Simenon, l'homme nu» avec la RTBF, il y a 13 ans déjà! «La RTBF est le plus fidèle et le plus créatif de nos partenaires, confirme Hans Walter Schlie, représentant de Jérome Clément lors de la signature de l'accord définitif entre les deux chaînes. «Notre attente: que le projet réussisse, qu'Arte s'ancre encore plus en Belgique et que le téléspectateur nous soit fidèle au-delà de l'émission quotidienne et du rendez-vous mensuel d'Arte Belgique.»

Présenté comme «l'un des projets les plus ambitieux de la Communauté française de ces dernières années» (par Jean- Paul Philippot toujours), Arte Belgique s'est vu octroyer un budget annuel de 2,6 millions d'euros par la Communauté française. Avec pour «seules obligations» que la diversité culturelle de la Communauté y soit représentée et que la RTBF fasse appel à la production indépendante.

Pour relever le défi de ces «2 h30 hebdomadaires d'exposition et d'expression des richesses artistiques de la Belgique francophone», trois sociétés indépendantes - déjà partenaires régulières auparavant - se sont regroupées au sein de Media Res. «Très peu de sociétés en Communauté française sont à même de relever un défi de cette taille: gérer un programme de flux d'une demi-heure quotidienne», explique Patrick Paulo, co-créateur du talk-show quotidien. Autre atout indéniable: Patrick Paulo (à la tête de l'une des trois sociétés et producteur de «Cinquante degrés nord») connaissait bien Eric Russon dont le bagage culturel et le ton ont séduit Yves Bigot, responsable des antennes RTBF. Appelé à choisir parmi 28 projets, «nous avons assisté à un casting très intéressant, se souvient Yves Bigot. Après une première analyse, six projets sont restés en lice mais certains allaient finalement bien au-delà de nos moyens.» Le choix de Flagey comme lieu-pivot et l'originalité du projet éditorial ont permis à «50 ° nord» de s'imposer.

«J'aime beaucoup le ton d'Eric Russon et son approche très fraîche de la culture, explique Patrik Paulo. Il est très cultivé, a une large connaissance du milieu et une aisance naturelle à l'antenne. Je l'ai donc contacté afin de le convaincre de quitter Télé Bruxelles». Une demande «tombée à point nommé» aux dires de l'intéressé «désireux de tâter de nouveaux horizons».

Eric Russon ne sera pas seul pour relever ce défi. A ses côtés, un aéropage de 11 chroniqueurs démontrant la multiplicité d'approches et la diversité de regards sur la culture. «On va tous être vecteurs de ces créateurs.» Un rendez-vous qui se veut aussi «ouvert à la vie nocturne et aux autres disciplines que l'on voit moins en télé.»

Le 27/09, au Quai des Belges

«Cinquante degrés nord» n'est pas le seul rejeton né de l'union Arte-RTBF. Dès le 27 septembre, Arte Belgique accostera au «Quai des Belges» accueilli par son «capitaine» Hadja Lahbib. Prenant la suite de son grand frère élu «rendez-vous quotidien et lieu de rencontres pour tous ceux qui s'intéressent à la culture et à la création», il se muera en guide et donnera un accès direct à la création audiovisuelle belge... Une offre mensuelle (22 h40) qui répond à celle quotidienne installée sur la deux...

© La Libre Belgique 2006