Médias/Télé

Avec sa barbe de trois jours et ses cheveux en bataille, Patrick Ridremont a tout l'air d'un homme à la vie désordonnée. Mais derrière cette apparence chaotique, se cache un animateur-acteur bien organisé à l'agenda rempli.

On l'avait vu et applaudi à la rentrée dans le rôle d'un jeune prêtre sur les planches du théâtre de La Valette dans «L'Affrontement» et, le mois passé, à l'Acte 3 de Waterloo pour son «Improshow» qui tourne depuis 2 ans. Avait-il pour autant délaissé le tube cathodique? Si «60 secondes», son jeu télévisé diffusé sur la une, a été retiré de la grille au mois d'octobre dernier, il semble que Patrick Ridremont conserve les faveurs de la chaîne publique. Car depuis cette «mise en attente», l'homme n'a pas chômé.

On le retrouvera ainsi sur la une, en avril prochain, dans une nouvelle série de son jeu télé, mais aussi ce mardi avec «Ceci n'est pas le bêtisier 2004». Une émission oscillant joyeusement entre bêtisier et sketches réalisés avec ses comparses de toujours Olivier Leborgne et Jean-Claude Dubier.

Alors que pour son bêtisier 2004, RTL-TVI a fait le choix dimanche de réunir autour d'une table les animateurs phares de la chaîne pour une dégustation de produits du terroir wallon, la une a misé sur un projet moins conventionnel. Tout au long des 80 minutes de ce vrai faux bêtisier, on découvrira en plus des traditionnelles bourdes et autres coups du sort des animateurs, journalistes et public, des parodies télé concoctées par Ridremont et sa bande. «Mais ce n'est pas le Ridremont Show!», souligne avec malice Patrick Ridremont. «Le projet de départ était de réaliser une fiction de 1h30. Mais faute de moyens, on a dû trouver un compromis avec la RTBF: réaliser 30 minutes de parodie fiction et 30 minutes de bêtisier. Je ne m'y attendais pas, mais le mélange de ces deux genres donne très bien, j'en suis assez fier.»

Bêtisier et sketches

On se délectera ainsi à la vue du «Zap Café», une série de mini-sketches mélangeant habilement le célèbre «Zapping» de Canal+ et le «Caméra café» de M 6. L'occasion pour Ridremont de se moquer des traits les plus saillants des chaînes visées (TF 1, RTL, Canal +, RTBF, Plug TV, AB 4 et M 6).

Mais notre homme de l'image va plus loin que ces quelques minutes de parodie. Avec son «Question d'argent sale» bien vu, son «En quête d'enquête», ou encore ses «Blondass» (parodie de Jackass), c'est toute une série d'émissions télé qu'il passe à la moulinette. Et le résultat, s'il risque de ne pas être du goût de tous, séduira par sa réalisation soignée, à l'image de l'excellente voix off de «Royaume sweet home», parodie du projet d'émission de la RTBF sur la royauté.

Seule vraie anicroche présente sur cette partition destinée à dérouiller les zygomatiques, la présence du «making of» des photos que Michel Grodenberger a réalisées de Patrick Ridremont pour le magazine «Ciné Télé Revue» au cirque Pauwels. Un choix que ce dernier assume pleinement. «Je ne le cache pas, cette séance photo était un coup de pub destiné à ce qu'on parle de l'émission dans la presse. Et puis, c'est une des rares séquences qui plaît aux personnes âgées et aux enfants. Je ne m'y attendais pas du tout.»

Côté bêtisier, si certaines séquences choisies sont des classiques déjà vus et recyclés (Helmut Lotti essayant d'enlever sa cravate en chantant «It's now or never»), les images de l'année écoulée valent le détour. Du meilleur des J.O. d'Athènes au strip-tease involontaire de Miss Univers en passant par une spectatrice qui s'endort pendant le jeu «60 secondes», le télévore en aura pour son compte. A noter aussi la présence d'un top 5 des plus gros fous rires de la RTBF.

Une deuxième?

«Ceci n'est pas le bêtisier 2004» devrait séduire un large public. Si bien que Patrick Ridremont rêve déjà d'un nouveau projet similaire. «J'aimerais bien qu'il y ait une deuxième émission de ce type pour le mois d'avril. Ce n'est encore qu'un projet mais j'en ai déjà touché un mot à la RTBF, qui m'a l'air assez chaude sur ce coup-là. Je crève d'envie de faire quelque chose de plus musical et trash. Genre les Blondass à l'Eurovision. Ça pourrait donner un happening intéressant.»

© La Libre Belgique 2004