Médias/Télé Culture "Cinekino" évoque dix cinématographies nationales. La Trois, à 23 h .

Réalisée à l’occasion des 60 ans du Traité de Rome (acte de naissance symbolique de l’Union européenne), Cinekino H H raconte avec mordant l’histoire cinématographique de dix pays européens (dont la Belgique). A l’origine de cette joyeuse série documentaire, l’historien du cinéma français Jean Ollé-Laprune et le directeur de la cinémathèque allemande (Deutsche Kinemathek), Rainer Rother ont conçu dix épisodes ludiques et accessibles.

"On avait déjà réalisé un premier Cinekino sur le cinéma franco-allemand avec la même équipe il y a quelques mois (à l’occasion d’un cycle spécial sur Arte, NdlR), indique Jean Ollé-Laprune. On s’est rendu compte que nous avions des tas de points communs, qu’il y avait des tas de choses dont on croyait tout savoir et des tas d’autres dont on ignorait tout. […] Et on s’est dit, qu’à l’occasion des 60 ans du Traité de Rome - où on parle beaucoup d’économie, de politique, d’histoire mais très peu de culture et encore moins, de cinéma -, il était temps de se demander ce qui définissait et faisait la richesse du film européen."

Vivante mais pas exhaustive

Constitué de dix chapitres, chaque épisode revient sur les moments forts, les scènes clés et les trésors du septième art d’un même pays. Un chapitre est consacré à un réalisateur (ou une réalisatrice), à la carrière d’un grand acteur, à un lieu de tournage célèbre et aux acteurs susceptibles de se transformer en icônes. Les moments forts des cinématographies nationales sont également illustrés par un film marquant et un événement majeur.

"Cinekino" ne prétend pas à l’exhaustivité. Dans le premier épisode consacré à la Belgique (diffusé ce soir sur La Trois), les deux auteurs de la série évoquent la comédienne Cécile de France, les cinéastes Jaco Van Dormael, André Delvaux, Erik Van Looy, Pierre Drouot, Paul Collet, Chantal Akerman ou les frères Dardenne. Mais pas nécessairement Bouli Lanners ou Joachim Lafosse.

"On ne sera jamais exhaustif en 26 minutes (durée d’un épisode, NdlR) sur le cinéma belge ou espagnol. Mais si on peut donner un parfum, une envie, une identité, c’est déjà pas mal, poursuit l’historien du cinéma. Avec des correspondants(Philippe Reynaert en Belgique, NdlR), nous avons vraiment essayé de choisir des emblèmes et de questionner le cinéma et ses pratiques ainsi que son identité nationale. ‘Le Loft’(d’Erik Van Looy, NdlR.), est un bon prétexte pour voir la porosité qui existe entre le cinéma européen et américain qui n’hésite pas à prendre des sujets pour se les approprier. On retrouve cette même différence dans le cinéma belge, entre la culture flamande plutôt orientée vers le cinéma anglo-saxon et le cinéma francophone plutôt tourné vers la France".

Le rythme est vivant, en raison - notamment - de la volonté marquée de "sortir du cadre académique". "C’était très important pour nous car le cinéma, c’est aussi une fête. C’est de la joie. C’est souvent de l’art - et une discipline - mais c’est aussi et surtout quelque chose d’agréable. C’est ce plaisir des salles de cinéma qu’on a essayé de transmettre. On a aussi essayé de respecter un équilibre entre le cinéma d’auteur et le cinéma grand public; entre l’ancien et le contemporain."