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Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a ouvert une instruction au sujet de l'émission "Mariés au premier regard" de RTL-TVI, rapporte-t-il mardi. Celle-ci pourrait contenir du placement de produits non identifié comme tel. C'est la première instruction du CSA à l'encontre d'une chaîne télévisée de RTL Belgium depuis qu'il a décidé, fin juin, de reprendre la main sur le groupe audiovisuel.

Le CSA a reçu quatre plaintes relatives à l'émission "Mariés au premier regard". Cette télé-réalité, qui a fait polémique lors de son lancement mi-septembre, crée des couples sur base de "tests scientifiques". Les candidats se rencontrent pour la première fois le jour de leur mariage. Les plaintes portaient notamment sur l'éthique du programme, aspect sur lequel l'instance de régulation n'a pas à se prononcer, faute d'enjeu au regard de la législation applicable, indique-t-elle. Une plainte s'interrogeait sur la légalité des mariages, point sur lequel le CSA attend une réponse des autorités compétentes.

Certaines plaintes dénonçaient également la présence de marques commerciales à l'intérieur même de l'émission, ce qui a effectivement interpellé le secrétariat d'instruction du CSA. Ce dernier "a notamment constaté la présence visible d'enseignes commerciales correspondant notamment à une boutique de mariage où les candidats viennent choisir leurs tenues de mariés, une bijouterie dans laquelle ils choisissent les alliances, une agence de voyage au guichet de laquelle le couple marié vient retirer ses tickets d'avion pour sa lune de miel, et l'hôtel où il passe sa nuit de noces", relève-t-il.

La communication commerciale "clandestine" est interdite. Elle doit être aisément identifiable comme telle et, en principe, distincte des autres programmes, par exemple au sein d'un tunnel publicitaire. Le placement de produits est autorisé dans les programmes de divertissement depuis 2009, à condition toutefois d'en signaler la présence aux téléspectateurs. Le CSA recommande ainsi d'apposer un pictogramme spécifique (l'inscription "PP", qui doit apparaître en début et fin de programme ainsi qu'après une coupure publicitaire). En l'occurrence, le secrétariat d'instruction du CSA n'a repéré aucun mécanisme informant de la présence éventuelle de placement de produits dans l'émission "Mariés au premier regard". Si, à l'issue de ses investigations - au cours desquelles il donnera l'occasion à la chaîne de se défendre -, il estime qu'il y a bien infraction, il transmettra un dossier à l'instance décisionnelle du CSA qui pourra, si elle aboutit à la même conclusion, prononcer une sanction. RTL Belgium risque cependant de contester la compétence du CSA.

L'entreprise estime en effet que ses chaînes télévisées (RTL-TVI, Club RTL et Plug RTL) sont éditées depuis le siège de sa maison-mère luxembourgeoise, et que seule l'autorité de régulation luxembourgeoise est compétente à leur égard.

RTL envoie le CSA sur les roses

RTL Belgium a bien été avertie de l'ouverture d'une instruction par le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) au sujet de l'émission "Mariés au premier regard", diffusée sur RTL-TVI. "Nous dépendons d'une seule autorité de régulation, l'Alia, qui est l'autorité luxembourgeoise", réagit cependant ce mardi le groupe audiovisuel privé, qui refuse de répondre aux questions sur le fond du dossier. Le CSA a reçu quatre plaintes concernant l'émission de télé-réalité "Mariés au premier regard". Le secrétariat d'instruction, son service en charge du traitement des plaintes, a ouvert une enquête car il estime que ce programme pourrait contenir du placement de produit non identifié comme tel.

Le placement de produit est une technique de communication commerciale qui consiste à insérer un produit, un service ou une marque directement dans un programme. En Fédération Wallonie-Bruxelles, cette technique est autorisée depuis 2009 notamment dans les émissions de divertissement. Mais les téléspectateurs doivent toujours être avertis de la présence de placement de produit, une règle qui s'impose sur tout le territoire de l'Union européenne en vertu d'une directive.

L'émission "Mariés au premier regard" ne contient aucun avertissement quant à la présence de placement de produit, malgré l'apparition à l'antenne d'enseignes commerciales. RTL Belgium refuse de dire si ces insertions poursuivent un but publicitaire. "Réagir sur le fond serait donner raison au CSA alors que, pour ce qui concerne la télévision, nous n'avons aucun lien avec lui", commente Christopher Barzal, directeur des marques et de la communication de RTL Belgium.

Depuis 2005, RTL Belgium considère que ses chaînes télévisées (RTL-TVI, Club RTL et la plus récente Plug RTL) sont éditées depuis le siège de sa maison-mère luxembourgeoise, et que le CSA n'a donc aucune autorité à leur égard. Après une décision défavorable du Conseil d'Etat, le CSA avait accepté de transférer au Luxembourg les plaintes concernant ces chaînes. En juin dernier, il a cependant décidé de repartir à l'offensive et de se comporter à nouveau comme le régulateur compétent.