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Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a sanctionné la radio NRJ pour avoir diffusé une séquence portant atteinte à la dignité humaine dans une émission de libre antenne, rapporte-t-il mercredi. Dans le cadre d'un jeu, l'animateur de l'émission avait couvert d'insultes un mineur qui ignorait qu'il passait en direct. Intitulée "Merci pour ton ex", la séquence en cause consiste, pour un auditeur, à faire appeler son ex par MIKL, l'animateur de l'émission. Si l'ex se met en colère à l'antenne, l'auditeur remporte un cadeau.

Le 3 novembre dernier, vers 01h15, c'est Alexia qui a appelé afin de piéger son ancien petit ami âgé de 16 ans, Steven, dans l'espoir de gagner une tablette. Dès le début du canular, MIKL se moque de la voix du jeune homme. "T'as des couilles? Non! Comme ça, ça ne s'entend pas", lui lance-t-il, avant de le traiter de "petit zizi" et de "petit imberbe qui se la ramène". "C'est Alexia qui m'a dit que tu avais une petite bite et qu'en plus tu étais précoce", profère encore MIKL. Un autre animateur procède ensuite à des menaces, du genre "si je t'attrape, je te brise".

Choquée, une auditrice a porté plainte au CSA. Dans sa décision rendue jeudi passé, le Collège d'autorisation et de contrôle (CAC), l'organe décisionnel du CSA, estime que Steven n'a pas été traité comme un être humain mais "comme un objet, qui peut être utilisé à des seules fins de divertissement".

Pour sa défense, NRJ a soutenu que la séquence était humoristique, diffusée tardivement et destinée à un public adulte. La radio a toutefois reconnu un dérapage, dû notamment au fait que l'émission est produite pour la déclinaison française de NRJ, où la liberté de ton est traditionnellement plus grande.

Mais pour le CAC, ces arguments ne changent rien au caractère humiliant des propos tenus, qui ne sont pas "sans rappeler le phénomène du harcèlement scolaire".

L'instance de contrôle souligne toutefois que NRJ s'est engagée d'elle-même à ce que, à l'avenir, les victimes de ce canular soient toujours majeures et que la séquence soit pré-enregistrée afin qu'elles puissent donner leur accord à la diffusion.

A titre de sanction, la radio devra publier sur son site internet et lire plusieurs fois à l'antenne un communiqué relatant sa condamnation pendant la période du 19 au 25 juin.