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La juge a donné raison mardi au magazine trimestriel d'investigation Médor, contre lequel la société pharmaceutique Mithra avait entamé une procédure contradictoire en référé auprès du tribunal de première instance de Namur. La présidente a longuement motivé son jugement. 

L'objet du litige était l'article du journaliste David Leloup intitulé "Le risque financier que Mithra n'a pas déclaré à la FSMA". Un article que le journaliste assumait totalement. Pour Mithra, cet article portait "des accusations extrêmement graves et inexactes".

Dès le 12 novembre, l'entreprise avait donc mis Médor et l'auteur de l'article en demeure de le retirer du site internet où il avait été publié. Quelques jours plus tard, juste avant le lancement officiel de Médor en version papier, elle avait introduit une requête unilatérale en vue d'interdire d'urgence, temporairement et dans l'attente d'une décision contradictoire, la publication ou la diffusion de l'article litigieux sous peine d'une astreinte de 12.000 euros par jour et par infraction constatée.

Le tribunal de première instance de Namur avait interdit provisoirement au nouveau magazine de poursuivre la diffusion de cet article. L'interdiction ne visait pas seulement l'article publié en ligne mais également la sortie du premier numéro papier en librairie.

Vu le jugement rendu mardi, Médor peut désormais sortir en librairie et diffuser son article litigieux et tous ses autres articles sur internet. A l'audience de mardi dernier, Me Mouffe, avocat de David Leloup, avait signalé que ce dernier avait travaillé six mois sur sa publication.

La présidente a notamment retenu le travail de ce journaliste "chevronné" dont l'article est le "fruit d'un travail de longue haleine". Elle a également mis en avant que "toute censure est interdite". Pour Me Jacques Englebert, avocat de Médor, ce jugement est non seulement une victoire pour Médor mais également pour la liberté de la presse en général.