Médias/Télé

Après le «traumatisme »- selon le terme utilisé par Jean-Marie Colombani - consécutif à la démission d'Edwy Plenel de la direction de la rédaction du «Monde», le 29 novembre dernier, les deux hommes ont décidé de livrer de plus amples explications sur les récentes turbulences ayant secoué le prestigieux journal parisien.

Dans un éditorial qui paraît ce jeudi, Jean-Marie Colombani, directeur du «Monde», se garde bien de rouvrir la plaie Plenel (remplacé, depuis lundi, par Gérard Courtois). Il se tourne vers ses lecteurs en écrivant qu'il souhaite leur «rendre le journal». M.Colombani détaille: «Aujourd'hui, le propos des journalistes du Monde est d'examiner, d'analyser leur journal, de se le réapproprier, pour mieux demain le rénover, et par le même mouvement, de rendre le journal à ses lecteurs».

A propos du projet visant à recapitaliser «Le Monde», M.Colombani martèle qu'il ne donnera à «aucune personne, à aucun groupe, à aucune puissance la possibilité d'aliéner cette indépendance, d'entraver en quoi que ce soit notre liberté». Une allusion à peine voilée à la prise de contrôle du «Figaro» par Serge Dassault. Pour Jean-Marie Colombani, «Le Monde» doit être un journal «où la compétence prime sur les connivences» !

Edwy Plenel, de son côté se confie longuement - un entretien de 10 pages! - à la revue «Médias». A titre personnel, M.Plenel estime que «personne n'a eu (sa) tête» et que sa démission était «une décision mûrie dont l'annonce est tardive».

L'ex-directeur de la rédaction rappelle - façon habile de défendre son bilan? - qu'en diffusion totale (ventes France et étranger), «Le Monde» reste en tête des quotidiens nationaux français. Cependant, affirme-t-il, en diffusion France payée, «Le Figaro» «qui dispose des armes financières du groupe Dassault, fait tout pour réussir à passer devant Le Monde, y compris en ayant recours à des opérations de diffusion gratuite dans les rames de TGV»... Un combat qu'Edwy Plenel juge «commercialement» inégal.

© La Libre Belgique 2004