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Le tribunal des référés de Liège a jugé mercredi matin non fondée la demande formulée par Didier Mahy, le père de la petite Nathalie, décédée à la suite des faits reprochés à Abdalah Aït Oud, et visant l'interdiction de diffusion d'un reportage consacré à l'affaire qui sera prochainement examinée par la cour d'assises. L'émission "Indices" sera donc diffusée dans son intégralité mercredi soir sur RTL-TVi.

Si le tribunal a donné raison à Didier Mahy quant au critère d'urgence soulevé, il a jugé sa demande non fondée en estimant que le reportage concerné ne constituait pas une violation des droits de la défense et que les éléments qui y figurent sont des éléments connus et largement diffusés. Aucun élément novateur n'étant apporté, autre que ceux révélés par le parquet, il n'y a eu aucune violation du secret de l'instruction ou de la vie privée de Didier Mahy lors de la réalisation de ce reportage, a-t-il ajouté.

Paradoxalement, cette décision est bien acceptée par la défense de Didier Mahy, Me Sauvage, qui estime que l'ordonnance apporte un élément supplémentaire avant le procès. "Lorsque nous avons formulé cette demande d'interdiction, nous ignorions le montage qui avait été fait sur ce sujet et nous avions décidé d'assigner sur base de la séquence d'annonce, a expliqué l'avocat. Or, après avoir visionné cette émission, nous constatons qu'il existe une distinction nette entre ce qui est annoncé et ce que le reportage montre réellement. Mais ce qui nous conforte dans l'idée que notre action était justifiée, c'est que le pouvoir judiciaire a désormais statué sur le contenu de cette émission et a estimé qu'il n'était pas attentatoire à l'équilibre de la cour d'assises qui se déroulera le 26 mai prochain. La défense d'Ait Oud ne pourra donc pas s'infiltrer dans une éventuelle brèche créée par les éléments fournis dans ce reportage."