Le Petit Prince s’anime en 3D

Hubert Heyrendt Publié le - Mis à jour le

Médias/Télé À CANNES

Le Mip est un immense marché où le kitsch côtoie la poésie. Entre deux posters clinquants pour une série coréenne à l’eau de rose ou un téléfilm historique américain, le regard est attiré par une affiche : "The Little Prince". Nous sommes au stand de Method Animation, boîte française qui a le vent en poupe ces derniers temps puisqu’elle offrira bientôt à France 2 "Iron Man", coproduit avec les Américains de la Marvel, et que "Le petit Nicolas" devrait arriver sur M6 en septembre, au moment de la sortie en salles du film avec Valérie Lemercier et Kad Merad.

Cofondateur de Method, Aton Soumache était rejoint hier à Cannes par Olivier D’Agay, neveu d’Antoine de Saint-Exupéry et directeur de la succession Saint-Exupéry-D’Agay, pour dévoiler leur projet d’adaptation du "Petit Prince" sur lequel ils travaillent depuis deux ans. "Nous avons vraiment travaillé main dans la main depuis le début. Il ne s’agit pas simplement d’adapter une licence mais de parvenir à retranscrire l’univers de Saint-Exupéry à l’écran , explique Aton Soumache. Les livres du "Petit Prince" continuent de bien se vendre (un euphémisme : 220 traductions et 1 300 éditions sont recensées, NdlR) mais nous nous sommes rendus compte que si nous voulions rapprocher le "Petit Prince" des enfants d’aujourd’hui, on ne pouvait pas échapper aux nouveaux médias" , poursuit Olivier D’Agay.

Partager l’onirisme de St-Ex

C’est de là qu’est née l’idée de cette série ambitieuse. Laquelle se composera de 26 épisodes de 52 minutes écrits par des auteurs reconnus et bénéficiera de compositeurs et de voix de renom. Face à un tel monument, les producteurs ont, en effet, choisi la solution la plus qualitative qui soit : "Nous devons être à la fois respectueux et efficaces." Entre les lignes et en feuilletant les somptueux croquis préparatoires, on prend, en effet, conscience de l’ambition du projet et de ses possibles débouchés. Les 26 épisodes permettront de découvrir les aventures du "Petit Prince" avant son arrivée sur terre. Ou 26 planètes à explorer : de la planète des pirates à celle du géant de pierre qui pleure en passant par la planète de la musique, où il s’agira pour le "Petit Prince" de retrouver l’harmonie entre des instruments réduits à la cacophonie.

Quant à l’histoire originelle née de la plume de St-Ex, elle conviendrait très bien à un long métrage... Tandis que des développements en jeu vidéo ou "mondes interactifs", comme préfère dire Aton Soumache, sont déjà prévus. A chaque fois en cherchant à "transposer les valeurs du "Petit Prince" et son univers onirique" . "On va essayer de faire le mieux possible, de travailler de la manière la plus sincère qui soit, en se montrant exigeant vis-à-vis du spectateur. Nous sommes un peu comme les défenseurs du "Petit Prince" dans un monde de l’audiovisuel qui ne partage pas spécialement ses valeurs de poésie, d’émotion, de rêve, de beauté."

Pour découvrir le résultat, il faudra cependant patienter encore un peu, jusqu’à Noël 2010. Sont déjà de l’aventure France 3 et la Rai (qui a signé hier au Mip), tandis que la RTBF, la BBC, la WDR ou encore la TVE sont plus que pressenties...

Mais les vues de la famille de Saint-Exupéry sont plus larges. Ce dessin animé participe, en effet, d’une volonté de faire sortir le "Petit Prince" du livre pour lui donner une autonomie propre, avec l’idée, in fine , de créer une Fondation à son nom chargée de promouvoir la protection de la planète, le développement durable, les droits de l’homme. Bref, de faire coïncider le "Petit Prince" avec les valeurs du XXI e siècle naissant.

Hubert Heyrendt

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