Médias/Télé

Le moment est venu pour Jean-Paul Philippot, administrateur général de la RTBF, de sortir du bois. Huit mois après son intronisation, le boss ertébéen va abattre, à partir de ce lundi, les cartes d'un jeu qui n'a vraiment rien de folichon pour les 2700 employés de la radio-télévision de service public.

Dès aujourd'hui, à 9 heures 30, le Comité permanent - la présidente, les trois vice-présidents et les deux commissaires du gouvernement - aura la primeur du `plan Magellan´, censé `structurer le passage de la RTBF dans le XXIe siècle´ ...

Mardi après-midi, ce sera aux administrateurs de recevoir la copie du plan de restructuration de la RTBF. Il est probable que le conseil d'administration poursuivra ses travaux mercredi matin. Le personnel de la RTBF, lui, devrait être informé du plan mercredi après-midi. A moins que l'un ou l'autre grain de sable ne vienne gripper la belle mécanique.

Centres régionaux remaniés

Dimanche soir, Jean-Paul Philippot mettait la dernière main - en compagnie du comité de direction restreint - à un document qualifié, par son entourage, de `costaud´. Quelques informations commençaient déjà à circuler. Ainsi, il nous revient que le patron de la RTBF a décidé de maintenir à cinq le nombre de chaînes de radio. Elles subiront néanmoins une cure de repositionnement. Le scénario est le suivant: La Première `toute info´; Fréquence Wallonie et Bruxelles-Capitale fusionnées; Radio 21; nouvelle radio ciblée sur les plus jeunes; Musique 3. Un autre chapitre porte sur la reconfiguration des centres régionaux. L'idée, ici, est de spécialiser ces centres en fonction à la fois du média et des types d'émissions produites. Le centre de Bruxelles accueillerait trois radios, les deux autres s'installant à Mons. En télévision, Bruxelles se consacrerait à l'info, Liège au divertissement et Charleroi au magazine et documentaire. Et Namur? Il n'y aurait plus de moyens de production proprement dit, le centre namurois devenant une simple plate-forme d'information communautaire...

Pierres d'achoppement

Cette mécanique tient notamment au volet social du plan Magellan. Vendredi et samedi, Jean-Paul Philippot a planché avec les organisations syndicales sur l'esquisse d'un futur protocole d'accord. Au moment de se quitter, aucun accord n'avait été dégagé. `Des premiers rapprochements ont vu le jour´, soulignait toutefois un délégué syndical. Il est prévu que l'administrateur général soumettra aux syndicats, ce lundi, une synthèse des discussions. La commission paritaire doit se réunir mardi. Et mercredi, tant la CGSP - qui maintient son préavis de grève pour le 11 octobre - que la CSC réuniront leurs affiliés pour prendre position sur le plan.

Trois pierres d'achoppement demeurent. Un: le nouveau statut du personnel. M. Philippot persiste dans l'idée de différencier le statut selon les fonctions: seraient statutaires ceux exerçant un métier lié directement aux missions de service public (journalistes, producteurs, etc.); les autres se contenteraient d'un lien contractuel (éventuellement enrichi de certaines garanties spécifiques).

Deux: les départs. L'objectif de base demeure de se séparer d'au moins 470 personnes (LLB, 5-6/10) moyennant des prépensions à partir de 55 ans, les candidats étant appelés à se manifester avant le 1er juillet 2003. M. Philippot souhaiterait néanmoins accorder une dérogation pour quatre catégories du personnel: journalistes, cameramans, scripts et informaticiens. Mais les syndicats calent sur ce traitement différencié.

Trois: le sacro-saint règlement de travail. Dont coût annuel pour la RTBF: 4,9 millions d'euros (une grosse moitié étant liée aux prestations dominicales). Le patron de la RTBF souhaiterait récupérer un petit million d'euros pour l'affecter à des programmes de formation, chichement dotés depuis de trop nombreuses années. Là, les syndicats pourraient se laisser amadouer.

© La Libre Belgique 2002