Médias/Télé Le monde silencieux de la prostitution déguisée. Sur RTL-TVI, à 19h45.

Le point de départ de ce phénomène tabou est la précarisation croissante de la vie étudiante. Des frais d’inscription élevés, des loyers qui augmentent et souvent l’obligation de posséder un ordinateur. Si les parents n’ont pas les moyens de soutenir financièrement leurs enfants pendant leurs études, ces derniers se retrouvent livrés à eux-mêmes. Né aux Etats-Unis pour les mêmes raisons, le phénomène des "sugar babies" (ou "toy boys") prend de l’ampleur en Belgique.

Double vie de luxe

Pour son lancement, le nouveau magazine d’investigation de RTL-TVI, présenté par Julie Denayer ("Face au juge", "Indices"), propose une immersion interpellante. Pour comprendre pourquoi des étudiantes mènent une double vie pour avoir un meilleur confort, l’équipe n’a pas hésité à utiliser des caméras cachées. Le phénomène étant tabou et secret, la plupart des jeunes filles ne souhaitent pas témoigner. Grâce à son enquête et ses journalistes infiltrés, le magazine parvient à dépeindre les codes de cette spirale infernale. Pour la majorité des 16 000 "sugar babies" présentes en Belgique, tout commence sur un site de rencontre spécialisé. Rapidement, le contact s’établit et un rendez-vous est fixé avec un homme plus âgé. Pour une heure, une nuit ou un week-end, c’est l’étudiante, âgée en moyenne de 21 ans, qui fixe le prix. Certaines vont jusqu’à demander 2 000 euros par mois pour se voir fréquemment. L’homme, lui, prend tous les frais en charge. Alors que la plupart des "sugar babies" sont en manque d’argent, d’autres en ont suffisamment mais apprécient ce bonus financier et les cadeaux.

Promouvoir un rêve

L’enquête "Sugar babies: étudiantes le jour, prostituées la nuit" * dévoile un milieu confidentiel qui peut s’avérer dangereux pour les jeunes filles impliquées. Cette double vie leur fait souvent perdre leurs repères et les emprisonne dans le cercle vicieux du sexe tarifé. Les gérants des sites spécialisés se défendent de vendre de la prostitution mais les "sugar babies" deviennent des objets et se mettent en danger face à des inconnus. Chez nous, les outils de prévention mis en place pour aider ces filles, qui mentent et se cachent, ne sont plus suffisants.