Le surréalisme belge toujours vendeur

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Médias/Télé

Il en a parcouru du chemin depuis 30 ans, le chat de Geluck ! Des strips du Soir, à l’incontournable BD de chez Casterman, en passant par l’application pour smartphone, c’est désormais à la télé qu’il a élu domicile. Pardieu ! Avoir sa minute de gloire, tous les jours, juste avant le JT de 19h30 sur La une et le JT de 20h sur France 2 (case de diamant), ce n’est quand même pas donné à tous les chats !

La minute du chat H H H est une véritable consécration doublée d’une belle réussite artistique. L’anti-héro est fidèle à lui-même : cynique, insolent, irrévérencieux et flegmatique, bref comme on l’aime. On craignait de retrouver une version papier et statique du personnage. Une sorte d’album animé du quadrupède. C’est finalement un chat égayé d’une belle vitalité et d’un bel esprit qui prend les antennes belges depuis plus d’une semaine.

À vrai dire, on l’a d’abord observé, perplexe. Il faut bien l’avouer. On l’a ensuite écouté, amusé et déridé. Oui, oui, déridé, vous avez bien lu ! Et on l’a finalement adopté ! C’est vrai, après tout, il n’est pas dégoûtant à regarder. Tout comme le visuel qui l’accompagne.

Pâte à modeler, dessins, gravures, collages papier, "stop motion", marionnettes, c’est un véritable défilé d’animations deux dimensions qui explose à l’écran. Un univers coloré, surréaliste (proche des génériques de feue "Strip-tease" et d’"On ne nous rendra pas le Congo") couplé à l’univers joyeux du réalisateur Jean Goovaerts. Ajoutez-y la voix originale de Jean-Yves Lafesse, la griffe musicale du groupe macédonien Kocani Orkestar et le résultat s’avère des plus séduisants.

Quant à comparer "La minute du chat" aux Shadoks ou à la "Minute nécessaire de M. Cyclopède" de Pierre Desproges, il n’y a qu’un pas Que l’on franchit, ouvertement. De l’absurde, de l’énergie narrative et de l’insolence. Que demander de plus ? Amis du premier degré, passez votre chemin. Ici, reposeront en paix les cyniques et les impudents. 48 secondes par jour en tout cas. Amen et bon vent au Chat dont on connaissait toute l’ambition de voir un jour sa poire à la télé.

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