Médias/Télé Le magazine "Pièces à conviction" mène l’enquête, ce mercredi soir dès 23 h 30 sur France 3.

Trois jours après l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République, "Pièces à conviction" enquête sur le financement de la campagne électorale. L’équipe emmenée par Stéphane Girard a passé six mois à remuer les comptes, à fouiner dans les coulisses des QG et des meetings des grands candidats : Emmanuel Macron, Benoît Hamon, François Fillon, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen.

Président à tout prix : enquête sur les millions de la campagne H H, sujet de 52 minutes traité sans effets de manche, se penche sur la trésorerie de campagne du nouveau Président élu, le seul qui n’était soutenu par aucun parti.. Son mouvement, En marche !, a eu besoin des dons de personnes privées, appartenant, entre autres, au monde des affaires. D’abord réticent, le président de l’association de financement du mouvement En Marche !, Christian Dargnat, accepte finalement d’apporter son éclairage sur cette levée de fonds, réalisée notamment à Londres, où l’équipe de "Pièces à conviction" a enquêté auprès de donateurs.

Le PS, parti le plus riche

Beaucoup de chiffres sont livrés dans ce documentaire éclairant, Stéphane Girard expliquant comment le budget du Parti socialiste, le plus riche de France, se répartit entre l’argent public, celui des parlementaires et des adhérents : 30 millions par an, sans compter les dons supplémentaires en période électorale. Pas moins de 15 million d’euros ont été dépensés pour la campagne de Benoît Hamon, pour un score d’à peine plus de 6 % des voix…

L’enquête montre encore comment l’argent, récolté notamment par François Fillon lors des primaires (10 millions d’euros), a joué un rôle crucial dans le maintien de sa candidature. Du côté de l’opacité régnant autour des comptes du Front national, une brèche s’ouvre, les journalistes de "PAC" exposant comment Marine Le Pen n’aurait pu mener campagne sans le soutien de son père et de son micro-parti Cotelec, qui s’apparente à un véritable organisme financier, selon un expert.

Reste ce focus sur la campagne de Jean-Luc Mélenchon, deux fois moins chère que celles de Macron, Fillon ou Hamon, La France insoumise pouvant compter sur la présence et les deniers de nombreux bénévoles.

Au-delà de l’enquête, PAC rappelle les règles de financement des campagnes électorales en France et le rôle joué par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques. En cas d’invalidation par la CNCCFP, les candidats ne seraient pas remboursés par l’Etat. Lequel a déboursé pas moins de 42 millions d’euros en 2017, près de deux tiers des 72 millions dépensés par les candidats.C. G.