Médias/Télé

Le 23 décembre 1995, 16 adeptes de l'ordre du Temple solaire sont retrouvés calcinés dans une forêt du Vercors. En tout, 74 personnes ont été victimes de cette secte qui regroupa près de 500 adeptes en France, en Suisse et au Québec. Parmi elles, Edith et Patrick Vuarnet, mère et frère d'Alain Vuarnet, convaincu que la thèse officielle, concluant aux suicides collectifs, ne reflète pas la réalité.

Suicide collectif ou assassinat? Dix ans plus tard, l'agence Capa Drama va au-delà du fait divers et propose d'entrer dans l'univers de l'ordre du Temple solaire (OTS), pour tenter de comprendre le cheminement d'hommes et de femmes, a priori sains d'esprit, entraînés dans cette entreprise de destruction du corps et des âmes.

Les producteurs ont d'abord fait appel à Bernard Nicolas. Ce journaliste a enquêté pendant plus de dix ans sur le phénomène sectaire et notamment sur l'OTS, dont il a rencontré une centaine de témoins, anciens adeptes ou proches des victimes. Sur base de ce travail minutieux, de rapports de police et de justice, de documents audiovisuels..., le réalisateur Arnaud Sélignac a mêlé dans un film reconstitutions fidèles et témoignages. Deux anciens membres sortis à temps du Temple solaire ont accepté de parler, sous un nom d'emprunt. Tanguy Duchatel (qui apparaît masqué) et Denise Lagrange expliquent de manière très précise le déroulement des journées, des rituels autour de Jo Di Mambro, le gourou, et de Luc Jouret, l'agent recruteur de l'ordre, homme charismatique...

L'utilisation de la fiction (à 75pc) permet pour la première fois à la télé de montrer la vie quotidienne d'une secte, ses méthodes de recrutement, de conditionnement, d'humiliation et d'élévation... Une machine bien huilée qui conduit les membres de l'OTS à croire jusque dans les mises en scène orchestrées par Di Mambro à l'aide d'outils sonores et visuels grossiers.

Si L'ordre du Temple solaire * (La une, 21h30 et le 12/12 sur FR 3) apporte un témoignage unique, terrifiant et éclairant, il ne réussit pas tout à fait à nous convaincre, ce qui met en cause à nouveau le bien-fondé de ce mélange des genres.

Sans aller au bout du récit de fiction, il n'apporte pas non plus de réponse à toutes les questions, concernant notamment la structure financière de l'OTS, le devenir des anciens membres de la secte, etc.

(C.G., à Paris

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© La Libre Belgique 2005