Médias/Télé

Maud Kert (Catherine Jacob, d'une sincérité percutante) est persuadée de reconnaître en Zita, petite fille entrevue à la piscine, l'enfant qui lui a été volée à l'âge de six mois et dont elle est sans nouvelles depuis dix ans... Femme d'affaires sans états d'âme, elle veut mettre tout en oeuvre pour prouver que Zita est en réalité Alice, sa fille disparue. Au risque de tout bousiller sur son passage...

Deuxième élément de la trilogie consacrée, par Arte, aux relations mère-fille, L'Enfant d'une autre *** (Arte, 20h40) est certainement le plus touchant et le plus fort des trois. Catherine Jacob en mère dépossédée et aux aguets y a glissé toute la haine et la violence dont est capable une femme qui «s'est vécue comme une cancéreuse en phase terminale depuis dix ans». Sans nul doute, ce rôle de Maud Kert, mère désenfantée vivant de haine et d'alcool est l'un des plus beaux rôles qui lui ait été confié.

En sa compagnie, Virginie Wagon, auteur du scénario et réalisatrice de ce très beau téléfilm, explore les confins de la maternité: celle dont on a été brutalement privée.

Après les relations mère-fille à géométrie variable dépeintes dans «La Pomme de Newton» (LLB du 9/6) et avant la féminité en fleur ou fanée (dans «Nadia et Sarra», le 20/6), ce drame intelligent et sobre explore les contours de la relation maternelle. Qu'est-ce qu'être mère? Qu'est-ce qu'élever un enfant? Qu'est-ce que l'amour? Qu'est-ce que la justice? Une réflexion portée avec beaucoup de justesse et d'à-propos par un regard de père (celui d'Olivier Marchal incarnant l'ex-mari de Maud) en l'occurrence... Interrogeant la quête et la réalité de la maternité, Virginie Wagon, ouvre donc, subtilement, son propos à toutes et à tous.

(K.T.)

© La Libre Belgique 2006