Médias/Télé

Il n’a pas fallu attendre les déboires de la désarmante Ugly Betty (série ABC en 2006) pour découvrir les chausse-trappes et mœurs anthropophages du milieu de la mode. Cette savoureuse telenovela colombienne, adaptée aux Etats-Unis, voyait Betty, jeune fille au grand cœur mais sans charme apparent, découvrir les coulisses d’un milieu carnassier à travers le quotidien d’un magazine de mode.

Sans remonter jusqu’à l’ancêtre Top Models (Amour Gloire et beauté, en VF) - dont l’épisode 7680 a été diffusé le 26/09 sur CBS -, la télévision, comme pour mieux se regarder le nombril, a souvent ausculté les dessous de la création textile, un univers réputé impitoyable. Cette mise en abyme s’accompagne, inévitablement, de la mise en avant de ses égéries que ce soit pour les glorifier (The Bold Type, lancée en juillet), s’en inspirer (Gossip Girl) ou déconstruire leur image (Sex and the city).

Même si beaucoup s’en défendent, le mannequin continue à exercer une fascination sans bornes sur le commun des mortels. Il suffit de voir les Unes des magazines ou les castings des Miss météo et animatrices TV. En 2017, le mannequin continue à s’imposer jusque sur les plus hauts strapontins étatiques (cf. Mmes Sarkozy et Trump).

Que l’on arbore une taille 34 ou pas, la télévision tente aussi de nous pousser à devenir les rois et les reines du shopping. Une activité à haute valeur économique ajoutée même si elle ruine souvent l’estime de soi de nombre d’adultes et d’adolescents.

La télévision et la mode visant toutes les deux à vendre du rêve, elles se gardent bien de nous rappeler que celui-ci reste forcément inaccessible et que celles qui s’en approchent, comme Blanche-Neige, n’ont bien souvent droit qu’à manger des pommes et s’empoisonner. Bien loin de l’image du corps resplendissant et sain vanté par les créateurs.