Médias/Télé Le prof de philo reprend le talk-show de Nicolas Demorand sur France 3 à 23 h 40.

La nouvelle formule de Drôle d’endroit pour une rencontre H H a conservé la patte de l’émission, symbolisée par l’installation de Philippe Starck, qui tient lieu de plateau. Mais la structure, le ton, et le maître de cérémonie ont changé. Ali Baddou reprend cette émission culturelle de deuxième partie de soirée, avec une périodicité de trois ou quatre numéros par mois, au lieu de deux. Le professeur agrégé de philosophie, passé par France Culture, Canal +, et officiant sur France Inter, reçoit Christine Angot dans les locaux désertés du journal "Libération", rue Béranger à Paris.

Dans ce lieu où s’éparpillent vieux claviers, journaux…, l’écrivaine se livre aisément sur son rapport à la littérature, à l’écriture ou à la politique. Avant de partager un moment avec Delphine Horvilleur, une des trois femmes rabbins de France. Et l’on se laisse porter par ces 45 minutes, animées avec chaleur, humour et esprit de répartie par Ali Baddou.

Nicolas Demorand, que vous remplacez, parlait d’"art de la conversation" ? Comment qualifiez-vous ces rencontres ?

Je retiens deux mots : conversation et passion. L’émission, c’est un lieu, un grand entretien (au lieu de trois). On a la chance d’avoir plus de temps pour aller au fond d’une œuvre, dialoguer avec un créateur, un artiste, un cinéaste, un écrivain. Et aussi pour investir davantage les lieux dans lesquels on s’installe, y déambuler, voir les résonances qu’ils peuvent avoir avec nos invités. Nous avons testé le principe avec Christine Angot dans les anciens locaux de Libé, et avec le paléoanthropologue Pascal Picq à la grotte de Lascaux pour la prochaine émission.

Cette formule laisse plus de place aux silences ?

Oui, et aussi le temps d’explorer différentes facettes d’une personnalité, d’une œuvre, son rapport à l’actualité… Et d’organiser une rencontre, dans la dernière partie de l’émission, entre notre invité et quelqu’un dont le travail entre en écho avec celui de l’invité fil rouge. La rencontre entre Christine Angot, qui ne croit pas en Dieu mais dont le nom veut dire Dieu, avec cette femme rabbin géniale, Delphine Horvilleur, pour qui le ciel n’est pas vide, c’était hyper intéressant, sur la féminité, le désir, le rapport au corps. Avec Pascal Picq, il y a eu un échange passionnant avec des artistes urbains, des graffeurs, dont la forme d’expression contemporaine dialogue avec les peintures rupestres de Lascaux.

Quel ton souhaitez-vous privilégier ?