Médias/Télé

PORTRAIT

À CANNES

Alors que le Palais des Festivals est cerné par des milliers de participants tirés à quatre épingles, François- Louis Mertens nous reçoit en tenue estivale. Chemise d'été, long bermuda, sandales de cuir. Il doit être l'un des rares à ne pas disposer du badge pour pénétrer dans le saint des saints. «Je ne me sens pas l'âme d'un vendeur... Et puis le budget était un peu serré», raconte ce jeune trentenaire.

L'excitation se lit sur son visage. C'est son premier déplacement à Cannes. Arrivé dimanche dernier en voiture en compagnie de ses deux associés de Sawax Production, il a emmené dans ses valises son tout premier documentaire, «2005 Indiens Huichols». Mais il préfère laisser Janie Cailliau et Emmanuel Bouvet se frotter aux acheteurs. François-Louis reste en stand-by aux portes du Palais. «Dès qu'ils ont besoin de quelque chose, je suis là. Sinon, on se retrouve tous les soirs pour faire le point.»

Diplômé de l'IAD, François-Louis Mertens a bossé cinq ans comme monteur à la RTBF. Il a enchaîné avec des «piges» pour Canal+ Belgique. En 1999, il fonde Sawax, studio de post-production dans lequel il injecte environ 75000 euros. Sawax passe rapidement à la (co)production. Et la grande aventure commence.

Voyage et tournage en duo

Il fait la connaissance de Pierre Buch, un juriste passionné de photo. Un aventurier. Il lui parle des Indiens Huichols, installés à environ 900 kilomètres au nord de Mexico dans la Sierra Madre, un territoire isolé et méconnu. «L'idée d'un documentaire m'est venue. Non pas un docu pseudo-ethnologique, mais un film sur leur quotidien», explique François-Louis Mertens. Le projet est introduit auprès de la Communauté française, mais aussi chez Arte. L'accueil est favorable, mais les subsides ne suivent pas.

Il puise 60000 euros dans ses économies pour monter le projet. Au printemps dernier, il part pour la Sierra Madre avec Pierre Buch. «On avait trois semaines de tournage devant nous. Et ce fut fabuleux! On a pu notamment tourner une scène exceptionnelle, une cérémonie où un chamane découpe le coeur d'un boeuf pour y trouver deux cailloux et les remettre à une petite fille en signe de son futur couple», s'émerveille le jeune réalisateur.

Début septembre, il obtient le feu vert de Juliette Duret (Wallonie Bruxelles Images) pour se rendre au Mipcom. François-Louis Mertens et ses deux associés montent un documentaire - non finalisé - de 75 minutes.

«Dès lundi, on s'est rendu compte qu'il fallait montrer de courts extraits pour intéresser les acheteurs. On a passé une nuit blanche pour avoir un résultat correct.» Le trio prend aussi vite conscience que le Mipcom n'est pas le lieu où les ventes se concrétisent. «On était un peu naïf! Ce qui importe, c'est de nouer des contacts à concrétiser plus tard», confie Janie Cailliau, pleine d'admiration pour le docu de François-Louis. «Il a un regard sensible et pudique qu'on ressent dans les images.»

National Geographic...

L'avenir des «Indiens Huichols» est prometteur. Une douzaine de contacts

«approfondis» ont été noués au Mipcom. Des acheteurs ont passé commande de la cassette, dont la prestigieuse chaîne National Geographic. Claire Colart, responsable des acquisitions de documentaires à la RTBF, s'est également montrée intéressée. De même qu'Arte, laquelle semble preneuse d'une Thema composée des «Indiens Huichols» et d'un autre futur docu de François-Louis Mertens consacré à Pierre Buch. «On fera tout pour revenir au MipTV d'avril», dit-il.

La grande aventure ne fait que commencer...

© La Libre Belgique 2004