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Je n’aurais jamais imaginé que "Closer", qui planque des photographes pour s’attaquer à la vie privée des gens, puisse porter plainte contre cette infiltration. Nous n’avons pas enquêté sur leur vie privée, et avons enlevé ce qui pouvait être de l’ordre d’attaques personnelles contre la direction", plaide Laurent Richard, le rédacteur en chef des Infiltrés (.

Ce quatrième numéro d’une collection de sept reportages, consacré aux dessous de la presse people, a fait couler beaucoup d’encre et suscité le buzz sur Internet. Au départ de la polémique, une infiltration de dix jours au sein de la rédaction du magazine "Closer" : une journaliste de l’agence Capa se fait passer pour une stagiaire. Equipée d’une caméra cachée, elle apprend à dévoiler des informations privées sur les stars, en détournant le moins possible la loi. Elle découvre que nombre de ragots colportés par le magazine sont délivrés par des informateurs parfois anonymes, grassement rémunérés. Ou parvient à montrer comment on peut monter un dossier de toutes pièces à partir de quelques photos et d’interviews archivées, quand les caisses sont vides (coût des sujets et des procès oblige).

Rien de bien scandaleux, en somme, comparé à la force des sujets sur les maisons de retraite ou le travail au noir. "On voulait tout de même vérifier que tout ce qui est écrit dans ces supports lus par des millions de lecteurs n’est pas entièrement vrai. Et on voulait montrer comment fonctionne un magazine dont l’activité principale est interdite par la loi" , justifie Laurent Richard.

L’arroseur arrosé

En apprenant que France 2 allait diffuser un numéro des "Infiltrés" sur la presse people, la rédactrice en chef de "Closer", Laurence Pieau, a fait des recoupements... Onze salariés ont introduit une action en référé afin d’interdire la diffusion du sujet. Qui n’a pas abouti. Ils ne sont pas reconnaissables dans le sujet, il n’y a aucune atteinte à leur vie privée et le juge des référés a estimé qu’il y avait "une légitime information du public" . Par ailleurs, Laurence Pieau a pu réagir en plateau face à David Pujadas. Elle nie tout bidonnage dans les pages de "Closer" : "J’assume les images qui sont montrées, mais le commentaire est l’interprétation d’une journaliste qui regarde le people avec condescendance."

Depuis quelques jours, des extraits de l’émission sont en ligne sur le site du magazine people "Entrevue", qui a aussi publié des captures d’écran. "Nous n’avons pas porté plainte, mais envoyé une lettre à "Entrevue" pour dénoncer ce piratage d’images. Elles ont sans doute été capturées dans la loge de France Télévisions, où elles étaient montrées avant l’enregistrement du plateau" , explique Laurent Richard. En revanche, l’agence Capa a porté plainte pour "diffamation" à l’encontre d’un journaliste ayant réalisé une infiltration pour un numéro à venir sur l’immigration clandestine. Il s’est répandu dans... "Closer" sur les méthodes de l’agence, avec lesquelles il diverge. "C’est un conflit de travail. Nous ne polémiquerons pas là-dessus" , conclut Ghislaine Loquet, la directrice adjointe de la rédaction de Capa.