Les journalistes, une corporation de gauche?

V. Van Vyve Publié le - Mis à jour le

Médias/Télé

La droite française s'était insurgée : les médias menaient une campagne orientée en faveur de François Hollande.

Certes, la ligne éditoriale du Figaro n'est pas celle de Libération. Claire Chazal n'est pas David Pujadas ou Jean-Michel Apathie. Pour autant, ces journalistes sont-ils incapables d'exercer leur profession en toute indépendance ? Carla Bruni-Sarkozy y était allée de sa petite touche d'ironie en rebaptisant France télévision, la télévision publique, en un suspicieux "Gauche télévision". A raison ?

Sur commande du magazine Médias, Harris Interactive a réalisé une enquête sur le vote des journalistes français à l'élection présidentielle.

Au premier tour, 39% des journalistes interrogés déclarent avoir voté pour François Hollande, 19% pour Jean-Luc Mélenchon et 18% pour Nicolas Sarkozy. Marine Le Pen recueille 3% des suffrages. Au second tour, ils sont 74% à avoir donné leur voix au candidat socialiste. La gauche est donc franchement la favorite de nos confrères français, interrogés sur Twitter.

Est-ce une raison pour douter de leur impartialité au moment de rendre compte des événements qu'ils observent ? Leurs convictions politiques influent-elles la ligne éditoriale du média pour lequel ils travaillent ? 90% des journalistes interrogés se sentent "indépendants" dans leur métier. Par contre, 61% estiment que leurs confrères le sont à l'égard des responsables politiques et 54% envers les puissances économiques et financières.

Le journaliste Renaud Revel (L'Express), ne se dit pas surpris par ces résultats, mais il tempère. "A l’image d’une grande partie du corps électoral, la population journalistique a basculé d’une adhésion sans réserve à un rejet sans nuances. Or au fil de ces cinq années de présidence Sarkozy, le climat n’a cessé de se détériorer entre un président de la République aux cent coups avec une kyrielle de « journaleux » dans son collimateur et une profession en sécession. Si bien que ce sondage ne fait que refléter le climat d’incompréhension qui a régné, pendant presque cinq années, entre l’ancien chef de l’Etat et une corporation qui a soldé ce quinquennat dans les urnes.", analyse-t-il.

Voila qui donnera du grain à moudre à ceux qui croient que les médias sont à la botte de la gauche, des "fiéffés gauchistes", comme le déplore le journaliste de l'Express.

Publicité clickBoxBanner