Médias/Télé La RTBF propose un nouveau magazine politique familial sur La deux, à 20h05.

C’est un Paul Magnette (légèrement) tendu qui se présente ce soir sur La deux. Et pour cause… Le ministre-Président wallon (PS) et bourgmestre "empêché" de Charleroi tente d’intéresser à la politique dix enfants âgés de 8 à 13 ans (lire ci-contre). L’échange - modéré par Ophélie Fontana - est filmé dans une salle de classe de l’Ecole européenne d’Ixelles.

"Cette nouvelle émission nous vient d’une boîte de production française", indique la journaliste. "Elle a vendu l’idée à la RTBF qui l’a développée en interne. Le concept n’existe pas encore en France mais l’objectif, à terme, pour cette société, est évidemment de développer une déclinaison dans l’Hexagone."

Rajeunir le ton

Objectif ? Etre clair, concis, adapter son langage, faire preuve d’interaction et - forcément - accepter d’être malmené par des prises de position directes. "On a choisi de travailler avec des enfants parce qu’ils s’interrogent beaucoup sur la politique, sur le terrorisme, les réfugiés, les migrants, l’enseignement, etc. Et ils le font de manière fondamentale", poursuit Ophélie Fontana. "Ils questionnent l’essence même des choses. C’est donc un exercice difficile pour les politiques qui sont contraints de revenir à l’essentiel."

Pour la RTBF, il s’agit également de renouveler son offre de programmes. Le débat politique télévisé traditionnel - c’est-à-dire basé sur le consensus - semble bel et bien voué à disparaître. "Mise au point" (RTBF) et "Controverse" (RTL) ont déjà cédé leur place aux "Décodeurs" et à "C’est pas tous les jours dimanche".

"On a voulu s’éloigner des émissions politiques classiques qui ont vieilli. Les mandataires sont désormais rompus à l’exercice et les journalistes sont parfois blasés par leur manière de répondre, toujours la même, sur toutes les questions. Les habitudes se sont installées et les enfants permettent de bousculer tout ça. Ils sont quelque part plus efficaces."

Réconcilier

Portrait décalé de l’invité, interro surprise, exposé au tableau, explications quant à certains comportements, débats en classe,… Dans Au tableau ! H H, les dix élèves ont préparé les rencontres en amont, "les mercredis après-midi". Drôle, rafraîchissant, actuel, le magazine n’a toutefois pas l’envergure nécessaire pour se substituer aux indispensables débats d’idées contradictoires.

"Il s’agit bien d’un magazine d’information, insiste la journaliste. On utilise les codes de la télévision actuelle pour apporter de la légèreté mais le fond est là. On ne met pas nos propres questions dans la bouche des enfants. Ils ont une parole libre et se sont déjà forgé une certaine forme de citoyenneté."

Destiné à un public familial, le programme qui veut "réconcilier enfants et parents avec les émissions politiques", accueillera également Jean-Marc Nollet (député fédéral, Ecolo), Marie Arena (députée européenne, PS), Marie-Christine Marghem (ministre fédérale de l’Energie, de l’Environnement et du Développement durable, MR), Joëlle Milquet (ministre de l’Education, de la Culture et de l’Enfance en Fédération Wallonie-Bruxelles, CDH) et enfin, Didier Reynders (ministre fédéral des Affaires étrangères, MR).


Joëlle, au tableau !

Polémique(s). Suite aux attentats commis le 13 novembre à Paris, Joëlle Milquet avait déjà attiré l’attention du "Petit Journal" alors qu’elle tentait d’expliquer le terrorisme à une enfant de 6 ans : "Parce qu’ils sont fous, parce que je pense qu’il y a une hystérie mortifère démoniaque sur base de radicalisme, d’addiction peut-être aussi d’éléments de substances…

Et pourtant… La ministre belge de l’Education, de la Culture et de l’Enfance ne se décourage pas et retourne au tableau. Dans l’émission d’Ophélie Fontana (enregistrée en janvier mais diffusée fin avril), elle classe le dauphin dans la catégorie des… poissons pour le grand bonheur de la twittosphère. "On se doute bien que les ministres ne maîtrisent pas l’ensemble des dossiers, indique Ophélie Fontana. Le but n’est pas de tourner en ridicule les invités. Joëlle Milquet n’est pas la seule à n’avoir pas su répondre à toutes les questions.

Quelques jours plus tard, la ministre CDH récidive. Elle surprend un journaliste de "7 à la Une" (RTBF) à enregistrer une conversation à son insu. Elle dénonce "une dérive généralisée des médias" qui "dépassent les limites" et propose de réfléchir à de nouvelles règles. Une proposition immédiatement recadrée par le Conseil de déontologie journalistique (CDJ).