Médias/Télé L’étude du CSA concerne la représentation des femmes dans la fiction.

Candice Renoir veut être la meilleure enquêtrice possible tout en étant présente pour ses quatre enfants et son compagnon. Ainsi, son personnage se réapproprie des codes traditionnels de la féminité (être mère) et de la séduction, tout en revendiquant une autonomie acquise grâce aux luttes féministes (être une policière compétente). Candice Renoir semble être "coincée entre deux mondes" : elle est trop féminine pour ses collègues, pas assez selon sa mère, elle est présentée comme maladroite et émotive alors que ses collègues sont des femmes viriles et moins fragiles.

Objet et critères d’analyse

Si nous avons choisi d’évoquer la série "Candice Renoir", la plus populaire sur France 2 et coproduite par la RTBF, c’est qu’elle incarne la majorité des conclusions de la dernière étude du CSA sur la place et la représentation des femmes dans les fictions.

Pour boucler cette étude, réalisée en collaboration avec les régulateurs de l’audiovisuel de Tunisie, le CSA belge s’est basé sur huit fictions à épisodes dans lesquelles la RTBF a investi au cours de l’exercice 2015. Différents modes de production et différents genres de fiction ont été intégrés : deux séries familiales ("Clem" et "Une famille formidable"), trois policières ("Candice Renoir", "La Trêve" et "Ennemi public") et trois webséries ("Euh", "Typique" et "Burkland").

Les résultats de cette étude, inédite sur les coproductions belges, sont encourageants mais nuancés. Le positif : 60 % des personnages principaux sont des femmes, une majorité d’entre elles a entre 35 et 64 ans et est active. Le nuancé : "Un certain nombre de prescrits sociaux pèsent plus fortement sur les personnages féminins que masculins", détaille Joëlle Desterbecq, directrice des recherches au CSA, dans son rapport.

Les reconfigurations ambivalentes

Un point intéressant à noter parmi les conclusions de l’étude concerne ce que le CSA a appelé "les reconfigurations ambivalentes". Par exemple, il a observé une masculinisation des traits de caractères des "femmes au métier d’hommes". Par exemple, les collègues féminines de Candice Renoir, Chloé Muller dans "Ennemi public" et Marjorie dans "La Trêve" ont une apparence et un comportement masculinisés qui apparaît comme une obligation dans le cadre masculin de la police. Cela s’observe aussi lorsqu’un personnage contre-stéréotypé présente une faille, ce qui apporte une plus grande fluidité dans les profils féminins dans les séries. "Ces personnages paradoxaux sont le reflet des tensions qui se jouent dans la société entre la contestation des normes de genre et leur réaffirmation", conclut le régulateur.