Médias/Télé

L es dernières mesures d'audience nous ont attribué 700 000 auditeurs´, se réjouit Alain Mahaux, l'un des administrateurs de BFM Belgique (la seule radio belge en Communauté française à diffuser des informations en continu sur Bruxelles, Liège, Namur, Mons, Charleroi, Wavre, Louvain-la-Neuve, Arlon et - via BFM France - Tournai). L'un des actionnaires, aussi. `Le groupe Contact détient 48 pc des parts, rappelle-t-il. Et la société SDA Europe, les 52 autres - le capital de cette dernière étant partagé entre BFM France, Newton Europe et moi-même. Moi, je suis prêt à continuer à investir!´

Un optimisme rapidement tempéré. `Bien sûr, nous avons souffert - mais comme tous les médias! - des conséquences du onze septembre sur le marché publicitaire. S'il n'y avait pas eu cette crise, nous aurions enregistré des bénéfices. Là, nous stagnons encore.´ D'où la décision de ne pas dépasser le budget 2002 du moindre centime. `On a déjà investi trente millions dans cette aventure´, ajoute-t-il encore. Et de saisir l'occasion pour interpeller les politiques `qui n'arrivent pas à se mettre d'accord sur le plan de fréquences. Alors en attendant cette décision, nous resterons prudents.´

Les programmes produits à Bruxelles sont-ils remis en question, en tout ou partie? C'est la crainte de la rédaction, depuis l'annonce, il y a une dizaine de jours, de deux départs.

Outre ses correspondants, l'équipe compte aujourd'hui, en ses bureaux bruxellois, une grosse douzaine de personnes dont une rédaction d'une dizaine de journalistes (la plupart communs à BFM et à Contact), un technicien et un responsable de marketing. Des effectifs réduits, donc, où deux départs prennent de l'importance. `Ces deux personnes ont demandé des augmentations que nous ne pouvions pas leur accorder ´, rapporte Alain Mahaux. `Nous ne sommes pas parvenus à nous mettre d'accord, alors ils s'en vont.´ D'autres ont une version différente de la situation. `Ils sont licenciés pour raisons économiques. L'émission du midi s'arrêtera avec eux.´

D'aucuns craignent donc pour l'avenir de la seule radio sans musique dans notre paysage francophone. D'autant que d'autres rumeurs annoncent l'arrêt des productions belges pendant l'été. `Ce n'est pas encore décidé´, insiste Alain Mahaux. `Mais si nous devions le faire, ce serait une question de stratégie. Parce que le public que nous visons n'est pas à l'écoute pendant cette période-là.´ Reste qu'il semblerait opportun de se pencher - enfin - une bonne fois sur le développement d'un produit atypique comme celui-là, dont l'histoire en Belgique est déjà jalonnée de plusieurs arrêts et redémarrages depuis sa création en 1994.

Chez sa grande soeur, née deux ans plus tôt en France (qui occupe aujourd'hui une centaine de personnes et enregistre des pertes depuis dix ans), on parle carrément de restructuration avec pertes d'emplois, après le grand remodelage de l'antenne entamé en septembre dernier.

© La Libre Belgique 2002