Médias/Télé Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) publie aujourd’hui son bilan 2017 des WebTV en Belgique francophone. Et il annonce, à l’initiative de plusieurs de ces petites chaînes de télévision diffusées via Internet, la création prochaine d’une Fédération des WebTV. L’objectif d’un tel regroupement est de développer des synergies éditoriales et techniques, ainsi que de partager les pistes en matière de financement, indique le CSA dans son rapport.

Comme les radios libres dans les années 80

Le CSA dresse un portrait de 21 des 24 WebTV déclarées en Fédération Wallonie-Bruxelles : Bruxelles ma Belle, Bel’Afrika, TV Wallonie, Zin TV, Bastogne TV ou encore les chaînes des universités de Liège et de Mons. Une chaîne a cessé d’émettre l’an passé : la WebTV confessionnelle Neema TV.

La multiplication de ces chaînes de télévision 2.0 rappelle au Conseil supérieur de l’audiovisuel “le boom des radios libres dans les années 80”.

L’an dernier, elles ont produit 478 heures de programmes inédits et gratuitement diffusés (+ 36 % par rapport à 2016) : magazines, documentaires, reportages, interviews…, “avec une liberté de création très vaste”, souligne le CSA.

Sur les 21 WebTV contrôlées par le CSA, cinq ont une thématique géographique, deux culturelle, deux musicale, deux sportive, deux institutionnelle, deux académique, deux communautaire, deux d’éducation permanente, une est dédiée à l’humour et une autre au bien-être.

La plupart de ces WebTV utilisent You Tube et les réseaux sociaux comme canaux de diffusion sur leur portail. Les sept chaînes les plus regardées ont cumulé en 2017 près de 15 millions de vues, la plus populaire étant Bruxelles ma Belle avec 8,3 millions de vues.

Très peu de salariés et de sources de revenus

Si elles fournissent du contenu parfois de qualité très professionnelle, les WebTV de Belgique francophone peinent encore à salarier leur personnel. Une centaine de bénévoles les animent, ainsi que quelques prestataires ponctuels et stagiaires. “Un nombre restreint de WebTV déclare disposer d’un poste de coordinateur rémunéré (souvent à l’aide de subsides, souvent à temps partiel).

Il s’agit pourtant d’un facteur clé pour leur structuration et leur développement. En effet, rémunérer cette fonction centrale permet de stabiliser l’activité, mais aussi d’entretenir une dynamique en termes de production, de marketing ou d’élargissement du réseau de bénévoles”, relève le CSA.

Quant à leur financement, il reste précaire. Beaucoup de WebTV, n’ayant pas de but lucratif ou souhaitant préserver leur indépendance, ne font pas appel à la publicité comme source de revenus. Reste alors les subsides publics, des prestations audiovisuelles (captation, montage, production de films promotionnels, soutien technique), voire le financement participatif (avec succès) pour l’une d’entre elles.