Médias/Télé

Il est là, incrusté dans le coin de votre écran sur France 2 : le logo représentant les cinq anneaux olympiques surmonté d’un décompte. Plus qu’une poignée d’heures avant le début des Jeux olympiques de Rio. Avec quelque cinq milliards de téléspectateurs répartis dans 220 pays, ces Jeux de la XXXIe Olympiade font partie des événements les plus médiatisés au monde.

La retransmission des compétitions nécessite une logistique colossale assurée depuis 2008 par l’Olympic Broadcasting Services (OBS), une agence qui dépend du Comité olympique international. Auparavant, le comité d’organisation des Jeux avait la lourde tâche de gérer seul l’ensemble des retransmissions.

Pour assurer le spectacle, l’OBS a acheminé une cinquantaine de semi-remorques jusqu’au Brésil. Caméras, micros, camions régie, bancs de montage, serveur pour le stockage des données… Autant de matériel coûteux à acheminer sur les sites des 28 épreuves. Mais tout ne se passe pas toujours comme prévu. Le 30 juillet dernier, un bâtiment de l’OBS installé sur la plage de Copacabana a été inondé par des vagues de plus de 4 mètres de haut, ce qui a obligé la chaîne américaine NBC à annuler l’un de ses directs.


La RTBF ne veut "rien louper"

Cette année, l’OBS compte retransmettre un total de 7 000 heures d’épreuves. Chaque chaîne fait ensuite son choix, entre sports incontournables (athlétisme, natation…) et disciplines où des compatriotes pourraient s’illustrer. C’est d’ailleurs la stratégie de la RTBF pour ces JO. Pour Michel Lecomte, le chef de la rédaction sportive, l’objectif est de "ne rien louper des performances et des réactions des sportifs belges", tout en mettant "en évidence les athlètes que l’on connaît moins ou qui sont moins médiatisés". Dans le programme télé belge, on retrouve donc principalement la gymnastique, la natation, le hockey, le judo, le tennis ou encore le taekwondo.

Décalage horaire

Contrairement à l’Euro de football dont les matchs étaient diffusés sur La une et La deux, la RTBF diffusera les JO sur La deux uniquement. "On devra réagir en fonction de l’actualité, de nos possibilités et surtout des prestations des athlètes belges. Il y aura une gestion au jour le jour de certains événements", ajoute Vincent Langendries, journaliste sportif pour la RTBF.

La chaîne publique doit aussi composer avec le décalage horaire qui est de cinq heures entre Rio et Bruxelles. Résultat : la cérémonie d’ouverture prévue ce vendredi 5 août au Brésil sera retransmise chez nous… le 6 août dès 1h du matin. Pendant les deux semaines à venir, Ophélie Fontana et Christophe Delstanches résumeront les événements de la nuit dans "Viva Rio le Mag". Au menu : réactions, interviews et analyses venues directement d’Amérique du Sud.

La RTBF a envoyé une vingtaine de personnes sur place, dont six reporters rien que pour la télévision. Pendant ce temps-là, quarante personnes, techniciens, journalistes et consultants, seront sur le pied de guerre à Bruxelles pour ne rien rater de cette quinzaine. Impossible par contre de connaître le coût total de l’opération. "Confidentiel !", répond-on au boulevard Reyers. Tout juste sait-on que les JO pèsent quatre fois moins cher que l’Euro 2016 dans le budget de la RTBF.


Les droits leur filent entre les doigts

Ces JO 2016 marquent aussi la fin d’une époque pour de nombreuses chaînes en Europe, dont la RTBF et la VRT. C’est la dernière fois que le service public prend en charge l’intégralité de la diffusion des JO en Belgique. En 2015, Discovery Communications, le groupe qui détient la chaîne sportive Eurosport, a signé un contrat d’exclusivité avec le Comité international olympique (CIO).

Le groupe américain spécialisé dans les chaînes thématiques a payé 1,3 milliard d’euros pour diffuser les Jeux dans toute l’Europe, sur tous les supports, jusqu’en 2024. Discovery Communications a ainsi l’assurance d’atteindre jusqu’à 700 millions de téléspectateurs européens. Cette nouvelle a froissé de nombreux groupes télévisuels sur notre continent. La BBC, France Télévisions et la RTBF ont longtemps capitalisé sur leur statut de "maisons mères" des Jeux. Mais rien n’est perdu pour autant. Ces chaînes historiques pourront négocier une sous-licence pour retransmettre jusqu’à 200 heures de programmes lors des Olympiades à venir.