Médias/Télé Ce thriller britannique des frères Williams, en six épisodes, enquête sur une affaire de viol. Sur TF1, à 21 h.

Professeure d’anglais, charmante mais fragilisée, Laura Nielson (Joanne Froggatt vue dans "Downton Abbey") a récemment dit adieu à son amoureux. Lorsqu’elle reçoit une invitation à dîner d’un parent d’élève, elle s’étonne et hésite. Sur conseil de son fils, Andrew Earlham, un chirurgien veuf et plutôt élégant (Ioan Gruffud vu dans "Forever") a décidé de se "remettre en selle". Tous les deux sont à la fois gauches et un peu rouillés dans l’exercice de la première soirée en tête à tête. Mais ce qui devait être la naissance d’une belle histoire tourne au fait divers sordide. Le lendemain matin, si Andrew se souvient d’avoir passé "une excellente soirée", Laura, en revanche, affirme avoir été violée.

Sur le thème des thèses violemment opposées, les frères Williams tissent une intrigue à l’habile suspense. Mais le moment est-il bien choisi ? En pleine affaire Weinstein (& co), cette série qui s’interroge sur le bien-fondé de la parole d’une victime présumée semble par moments maladroite.

Un suspense trop appuyé

Opposant la parole de l’une à celle de l’autre, sans que des preuves définitives puissent être avancées, les enquêteurs confrontent les antécédents des protagonistes.

D’emblée, les anonymes et connaissances des deux personnes impliquées cherchent à savoir "lequel des deux ment" entre l’enseignante discrète et le chirurgien conquérant.

Force est de reconnaître que le balai des opinions, les prises de position et les discussions sur les réseaux sociaux sont abordés avec perspicacité et d’autant plus de réalisme que trop souvent, dans ce type d’affaires, on cherche d’abord à se méfier de la parole de la victime et à vérifier si son attitude peut "expliquer" ce qui s’est produit ensuite.

Ce faisant, les frères Williams ("The Missing") abusent pourtant des retournements de situation. A force de vouloir muscler leur propos, ils le desservent même parfois. Le thème de Liar H H est sérieux, les acteurs sont convaincants mais la façon de s’en emparer apparaît maladroite sans compter une gestion du suspense appuyée… Si tout n’est donc pas parfait dans la façon dont cette série s’empare d’une affaire de viol, la lumière mise sur cette problématique sociétale est sans aucun doute toujours nécessaire. Controversée sur les réseaux sociaux durant sa diffusion en Grande-Bretagne, la série a pourtant bénéficié de belles audiences et a été reconduite pour une saison 2.Karin Tshidimba