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Alexandra Alévêque rencontre des exclus de l’apprentissage, sur France 2, à 22h40.

« On ne lisait pas en sa présence ». Marie-Agnès a encore une boule dans la gorge lorsqu’elle évoque une enfance volée auprès d’un père qui ne savait ni lire ni écrire, et ne supportait pas qu’on puisse lui être supérieur. Du coup, l’absentéisme scolaire, l’éloignement des livres et de toute forme d’éducation ont laissé chez Marie-Agnès de profondes carences en vocabulaire et en orthographe. Un jour, elle a poussé la porte d’une association, « Mots et merveilles ». Puis, elle y a emmené sa fille cadette, qui a « décroché en 6ème », alors que son aînée, au contraire, a développé un amour immodéré des mots…

A Aulnoye-Aymeries, à 80 kilomètres de Lille, une ancienne école maternelle aménagée en structure d’aide, accueille près de 400 personnes illettrées. Des adultes et des adolescents, gênés dans leur vie quotidienne par des troubles de la lecture et de l’écriture, à des degrés divers. Ils sont encadrés par des bénévoles pour tenter de retrouver des bases plus solides, de combler des lacunes. Pour la majorité d’entre eux, il s’agit de bâtir un socle de confiance nécessaire à l’apprentissage.

L’humiliation permanente, la maltraitance, la mise à l’écart, à l’école comme à la maison, ont poussé Joëlle à « tout laisser tomber ». Depuis qu’elle fréquente l’association « Mots et merveilles », elle a découvert le sens du mot bienveillance, porte d’entrée vers un nouveau monde, celui de la compréhension et de la débrouillardise. En améliorant ses capacités langagières, elle a aussi appris à relever la tête, à communiquer avec les autres, et à mettre en valeur sa personne.

Dans ce numéro de la collection « 21 jours… », Au cœur de l’illettrisme »** (produite par Capa), la journaliste Alexandra Lévêque s’immerge dans cet univers. Elle nous fait partager sa rencontre avec des personnes touchantes et va au-delà de son rôle de témoin. Elle s’implique, en dirigeant elle-même des petits ateliers : comment remplir un chèque ou recompter sa monnaie au supermarché… Elle livre aussi ses impressions lors de rares séquences face caméra, mais laisse place pour l’essentiel au sujet filmé.