Médias/Télé

Le nouveau conseil d'administration de la RTBF, dont la première réunion devrait avoir lieu au début novembre, risque d'emblée d'être confronté à un premier dossier explosif. On peut même parler de vent de panique au boulevard Reyers, lequel à conduit jusqu'à «La Libre» certains échos qui révèlent la nature du péril.

Le point de départ n'est autre que ce bon vieux plan Magellan, devenu en deux ans aussi célèbre que son triste, mais indispensable, prédécesseur (Horizon 97). Magellan, rappelons-le, fut imposé à la RTBF pour remettre le paquebot à flot. C'était Magellan ou mettre la clé sous le paillasson, affirmaient certains. A la clé: un plan drastique de restructuration interne et un ambitieux volet de modernisation de l'outil de production.

Sur le plan social, Magellan se concrétisa par un «objectif cible» de 2071 personnes (équivalents temps plein).

La RTBF devrait se séparer d'environ 500 de ses employés, par la voie de prépensions de mises à disponibilité volontaires. Et le train s'est mis en marche... D'ici le 31 décembre 2004, les départs se chiffreront en plusieurs centaines.

Ces jours-ci, la haute hiérarchie de la RTBF fait ses calculs budgétaires pour l'exercice 2005... Et c'est la douche froide. Non pas que les comptes dérapent, mais parce que la radio-télévision publique risque de connaître de très grosses difficultés dès le début de l'année prochaine pour faire tourner la «baraque».

«Il manquera plus de 200 équivalents temps plein au 1er janvier 2005 si la RTBF décide de respecter à la lettre les objectifs cibles du plan Magellan», nous a-t-on confié - sous le couvert de l'anonymat - à très bonnes sources. Un scénario qui, d'après nos informations, touche avant tout la télévision (la une et la deux). On peut parler de véritable menace de pénurie en personnel dans plusieurs fonctions stratégiques de la production: caméramen, réalisateurs, monteurs, preneurs de son, techniciens, etc.

Pour certains, le calcul est vite fait. Si le personnel technique fait défaut, les effets seront immédiats sur le volume de production de la chaîne publique. A moins de faire entorse à la «bible» Magellan, en remettant à plat certains de ses objectifs? Rien n'est moins sûr quand on connaît l'attachement de M.Philippot, administrateur général de la RTBF, à Magellan.

Epure respectée

Interrogé sur le sujet, le porte-parole de Jean-Paul Philippot n'a pas nié qu'il pourrait y avoir des «tensions» en télévision. Mais il ajoute dans la foulée qu'en l'état actuel des choses, «nous restons dans l'épure des objectifs cibles de Magellan». L'heure, nous dit-on, est à l'évaluation... Et au réalisme des chiffres. «Pour pouvoir faire tout ce qu'on souhaiterait, explique le porte-parole de l'administrateur général, la RTBF aurait effectivement besoin de plus de personnel. Mais comme dans n'importe quel média, on ne peut pas se permettre de tout faire. Il faudra donc faire des choix d'ici la fin de l'année». Et réviser ses prétentions à la baisse?

© La Libre Belgique 2004