Médias/Télé

RENCONTRE

Marc Pasteger, c'est une plume et une voix. Son visage, vous ne le verrez pas. Ce n'est pas son truc. «A l'âge de 6 ans, j'avais griffonné sur un bout de carton les trois professions que je voulais faire: instituteur, agent de police et journaliste.» Il est devenu journaliste alors qu'il était encore au collège. Originaire de Verviers, il se tourne naturellement vers «Télépro», l'hebdo télé installé dans la localité. «Dès 16 ans, j'ai commencé à écrire des articles sur les coulisses des médias et le show-biz. Et c'est ce que j'ai fait durant trente ans», raconte ce pur autodidacte qui multiplie les anecdotes sur une profession où «je continue à m'amuser comme un petit fou». Il passera notamment onze années à «La Dernière Heure», avant de rejoindre «Ciné-Télé-Revue» et la radio Nostalgie (où il oeuvre toujours).

Depuis le printemps dernier, Marc Pasteger a ajouté une fonction nouvelle sur sa carte de visite: conseiller de la direction d'AB 3. Cette chaîne qui, selon un récent dossier de «Télémoustique», n'aurait ni identité ni téléspectateurs... «Ils n'ont qu'à regarder les audiences! «Ça va se savoir» rassemble tous les jours entre 100 et 140000 téléspectateurs. Moi, j'ai du respect pour ces gens», réagit-il.

Un potentiel... énorme!

Pour l'identité d'AB 3, Marc Pasteger reconnaît qu'il faut encore y travailler... «Si AB 3 veut réussir dans un paysage audiovisuel belge encombré, elle doit être beaucoup plus ancrée dans le quotidien des Belges. Mais face aux chaînes institutionnelles que sont la RTBF et RTL-TVI, AB 3 a un énorme potentiel en tant que chaîne complémentaire qui fait de la télé autrement», analyse le conseiller, citant volontiers l'exemple de M 6 en France.

Critiquées pour la mainmise du groupe français AB sur la gestion des deux chaînes belges, AB 3 et AB 4 ont fait appel à Marc Pasteger. Son arrivée comme conseiller - sans rôle exécutif - correspond à une volonté de «belgiciser» lesdites chaînes, concède-t-il. «Mais je ne suis pas l'alibi belge d'AB 3 et de Claude Berda! (NdlR: patron du groupe AB) »

Le boulot de Marc Pasteger dépasse toutefois le simple rôle de conseiller. Son expertise est sollicitée sur le contenu des programmes. A tel point que dès ce samedi 23 octobre, il débarquera sur AB 3, à 18h50, pour inaugurer «Le lift». Une interview de 8 minutes, en voix off, qui se déroulera dans un ascenseur équipé de quatre caméras et d'un haut-parleur...

«C'est un clin d'oeil à Pierre Dumayet, qui inventa, d'abord en radio puis en télé, le principe de l'interview en voix off», explique M.Pasteger, lequel Dumayet figure parmi les figures qui lui donnèrent, très jeune, l'envie de faire du journalisme.

Les personnes embarquées dans «Le lift» seront à la fois des personnalités dans l'air du temps mais aussi des anciens perdus de vue. Au programme des premières émissions: Frédérique Ries, Anouchka (licenciée de RTL suite à une interview de... Pasteger!), les frères Taloche. «Ce sera une partie de ping-pong avec l'invité.» Et avec un Marc Pasteger invisible.

© La Libre Belgique 2004