Médias/Télé La ministre encourage le départ du PDG de Radio France, récemment condamné.

Dans les colonnes du "Monde", Françoise Nyssen, ministre française de la Culture, estime "inacceptable" le maintien de Mathieu Gallet à la tête de Radio France.

"Les dirigeants d’entreprises publiques ont un devoir d’exemplarité. Un dirigeant d’entreprise publique condamné pour favoritisme, ce n’est pas une situation acceptable. Il appartient à l’intéressé d’en tirer les conséquences, ainsi qu’au Conseil supérieur de l’audiovisuel, légalement compétent."

Lundi 15 janvier, l’actuel PDG de Radio France était jugé pour "favoritisme". Il était soupçonné d’avoir commandé environ 400 000 euros de prestations à deux sociétés de conseil sans avoir respecté les règles des marchés publics, lorsqu’il présidait l’Institut national de l’audiovisuel (Ina), entre 2010 et 2014. Lundi, il a été condamné à un an de prison avec sursis et à 20 000 euros d’amende.

Une affaire d’image ?

"Mathieu Gallet ne va pas démissionner car il n’y a rien dans le dossier qui doit le pousser à démissionner, nous certifie Christophe Ingrain, son avocat. Au tribunal de Créteil, il a été jugé sur la base d’un dossier extrêmement incomplet et minuscule d’une cinquantaine de pages. La personne en charge des marchés publics n’a même pas été entendue. C’est hallucinant ! La décision est inacceptable, c’est pourquoi nous avons fait appel. Le tribunal de Paris a davantage l’habitude de ce type d’affaire que le tribunal de Créteil."

La condamnation est donc suspendue jusqu’à la décision de la cour d’appel, d’ici six à huit mois.

Interrogé sur les raisons du durcissement de ton de la ministre de la Culture, le pénaliste se montre perplexe : "Nous n’avons aucune information et Mathieu n’a pas davantage d’éléments. De toutes les façons, c’est quelqu’un qui ne s’épanche jamais."

Hier après-midi, le PDG de Radio France a tenu une réunion d’information avec le conseil d’administration et le comité stratégique de Radio France.

"A aucun moment il n’est question de démission, confirme la maison ronde. En tant que président, il est là pour informer les directeurs qui vont cascader auprès de leurs équipes."

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel nous a confirmé que le sujet serait "évoqué", ce jour, à l’occasion de la session plénière hebdomadaire.

Comme le soulignait Françoise Nyssen, la loi donne au CSA le pouvoir de nommer et de défaire les mandats des présidents de l’audiovisuel public.