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En préparation depuis des semaines, le dispositif électoral chevillé par la rédaction de la RTBF ne serait peut-être pas réduit à néant, mais il risque d'être sérieusement paralysé Tout dépendra des suites données, dans les jours à venir, au préavis de grève déposé mardi soir par l'interrégionale wallonne de la CGSP pour les quatre Centre de Production wallons.

Dans un courrier interne adressé mardi soir à l'administrateur général de la RTBF Jean-Paul Philippot, la délégation syndicale s'en prend une fois encore à la manière dont est mis en oeuvre le plan Magellan de restructuration de la société de service public. Premier grief: la question du financement de Magellan, toujours pendante et qui, dans les termes de la lettre, est " loin d'être acquise ", l'ensemble des syndicats déplorant le sous-financement dont est victime l'entreprise de service public.

Sur le fond, c'est la personnalité-même de Jean-Paul Philippot, et sa " démarche managériale " qui est mise en cause. La CGSP lui reproche essentiellement une conception des relations avec les organisations syndicales qui ne laisserait place à aucune concertation sur les questions cruciales concernant l'entreprise (emploi, contenu des émissions, structures de l'entreprise, organisation hiérarchique).

Devant cette situation de blocage, " notre seul choix est de faire de l'échéance électorale fédérale du 18 mai l'occasion d'une interpellation majeure adressée à l'ensemble du monde politique ", décrète le courrier adressé à M. Philippot.

Droit à l'information

Ce jeudi, un comité d'entreprise réunira Jean-Paul Philippot et les syndicats relativement au préavis de grève et à la mise en oeuvre du programme minimal dans le contexte électoral. " Il faut qu'on sente l'exception de la situation ", persiste ce mercredi Jean-Claude Renda, leader de la CGSP wallonne, qui dénonce " l'abandon par le monde politique " de la cause ertébéenne et va jusqu'à réclamer la tête de M. Philippot: " ce sont des politiques qui l'ont mis en place avec nous. Si maintenant, il n'accepte pas d'ouvrir le débat, qu'il aille exercer ses talents ailleurs ".

Quoi qu'il en soit, si le préavis de grève est maintenu, le droit du citoyen à l'information électorale ne devrait pas être trop bafoué. Non seulement parce que l'arrêt de travail ne concerne pas le centre de production bruxellois, qui orchestre l'effort du week-end à venir. Mais aussi parce qu'un arrêté royal prévoit qu'en cas de la notion de service minimum soit élargie à la couverture électorale (débats, journaux, ...)

© La Libre Belgique 2003