Médias/Télé

Donné partant, William Leymergie reste. Motions de défiance contre Field et Ernotte.

La journée de jeudi a encore été très agitée du côté de France 2. Après l’annonce, mercredi matin, du remplacement de David Pujadas par Anne-Sophie Lapix à la présentation du journal de 20h, la rumeur du départ de William Leymergie, pilier de “Télématin”, s’est répandue jeudi sur la Toile.

La nouvelle faisait suite aux nombreuses discussions intervenues au cours des derniers jours entre le présentateur historique du magazine “info et culture” matinal et le patron de Canal +, Vincent Bolloré. Il était même question de voir William Leymergie récupérer, à la rentrée, la case de midi sur C8, occupée jusqu’ici par Daphné Bürki.

Soutien de l’un, défiance pour les autres

Coup de théâtre vers 19h, on apprenait que, finalement, l’animateur âgé de 70 ans restait bien à la barre de l’émission trentenaire. Au cours d’une rencontre avec Caroline Got, directrice de France 2, il l’aurait assurée de son attachement à la chaîne et de son souhait de rempiler à la barre de “Télématin” à la prochaine rentrée. “Il sera donc là en septembre”, a confirmé la direction. Il faut dire que durant l’après-midi, déjà, les marques de soutien avaient afflué à l’intention du vieux briscard. De quoi le rassurer, sans doute, sur sa popularité au sein de la chaîne.

Certains imaginaient déjà que Leymergie, contemporain de Georges Pernoud, serait prochainement frappé par la limite d’âge et se cherchait dès lors un nouveau poste à occuper tandis qu’il laisserait son fauteuil à Bruce Toussaint. Mais, finalement, il n’en sera rien.

Ceci confirme un mercato potentiellement épicé, alors que la mise en place du nouveau gouvernement fait peser une nouvelle ombre sur les rédactions qui ont exprimé leurs griefs par écrit (ci-dessous).

Quant à l’affaire de l’éviction de David Pujadas, elle n’est visiblement pas close, puisque les journalistes de France 2 se sont réunis à 15h et ont décidé de mettre au vote, la semaine prochaine, une double motion de défiance contre le directeur de l’information, Michel Field, et la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte. Ambiance…

Lettre ouverte à M. Macron

Coup de tonnerre. En marge du premier conseil des ministres du gouvernement d’Edouard Philippe, l’Elysée a fait savoir qu’il choisirait les journalistes qui accompagneront Emmanuel Macron lors de ses déplacements en France et à l’étranger.

La réaction n’a pas tardé. Une quinzaine de rédactions ont signé une lettre ouverte adressée au président de la République, afin de faire part de leur inquiétude, concernant l’organisation de la communication présidentielle, à l’occasion du déplacement d’Emmanuel Macron au Mali. Les médias signataires sont “Libération”, l’AFP, BFMTV, Europe 1, “Le Figaro”, France Info, France Inter, les JT de M6, Mediapart, “Le Parisien”, “Le Point”, RFI, RMC et TF1, en plus des directeurs des rédactions de RTL, de Reporters sans frontières et de “L’Express”.

Extrait. “Aucun de vos prédécesseurs ne s’est prêté à ce genre de système, au nom du respect de la liberté de la presse. Alors que la défiance pèse de plus en plus sur l’information, choisir celui ou celle qui rendra compte de vos déplacements ajoute à la confusion entre communication et journalisme, et nuit à la démocratie.”