Médias/Télé

Vous verrez que le rire n’est pas absent de cette séquence !" promet Philippe Geluck. Ben tiens ! A voir Jacques Mercier écarlate, pouffer aux côtés de son acolyte qui le taquine lors de la présentation à la presse de leur nouveau duo, on se doute que derrière le nom Monsieur Dictionnaire ne se cache pas un programme court didactique plan-plan comme les autres. "Dans les 50 premiers numéros qui ont été enregistrés, on doit avoir quelques heures de bêtisier pour quelques minutes utiles !"

"Monsieur Dictionnaire" est une série de capsules d’une minute trente qui seront diffusées dès ce jeudi, quotidiennement avant le journal télévisé. Une case qui jouit d’une excellente visibilité pour un produit tout à fait jubilatoire. Il porte en lui toutes les qualités de la RTBF que l’on aime : l’humour, la pertinence et l’impertinence, des infos qui rendent un peu moins bête, et une liberté de ton incroyable, qu’on ne retrouve malheureusement plus guère que dans "Le jeu des dictionnaires" et "La semaine infernale". Deux programmes longtemps portés par Mercier.

Principe de "Monsieur Dictionnaire" : raconter l’origine d’un mot ou d’une expression. Amygdale vient ainsi du grec amugdalê et désigne tout organe en forme d’amande, l’expression "être timbré" est relative au son (timbre) d’une cloche fêlée, etc.

Surréalisme et universalité

Et alors ? On rit quand ? Tout le temps, ou presque. Geluck ne laisse forcément pas Mercier ramener sa science en paix, celui-ci démontre toute l’ampleur de son autodérision (sa taille et sa calvitie en prennent bien entendu pour leur grade) et se marre copieusement. "Rien n’est prévu à l’avance, sauf l’explication juste, évidemment", explique le jeune retraité, qui avait quitté la RTBF début novembre après un différend financier avec son employeur doublé d’une furieuse envie de profiter davantage de la vie. "Il n’y a pas de répétition, le premier essai est enregistré parce qu’il peut être une prise", embraie le père du Chat, qui n’avait plus officié sur les écrans RTBéens depuis 1994. "Mais on a déjà été jusqu’à 17 prises pour en réussir une."

Tourné au Palais des Académies (quoi de plus approprié pour une séquence sur la langue) à raison d’une dizaine de capsules par jour - "mais à l’âge de Jacques, il ne faut pas en faire plus", le charrie Geluck -, le programme scelle les retrouvailles de deux copains qui n’avaient plus pris le chemin des ondes ensemble depuis 1999, quand ils sévissaient encore à l’unisson dans le "Jeu des dictionnaires". Ne dédaignant pas l’absurde et un certain surréalisme à la belge, "Monsieur Dictionnaire" prend place dans un décor colossal tout en lambris et en lustres, avec un Mercier sanglé dans un costume napoléonien du plus bel effet. Flanqué d’un générique d’animation plutôt réussi et clôturé par une "morale" qui change chaque jour, on tient là un ovni à ce point particulier qu’il en devient universel : TV5 et la télé suisse ont déjà manifesté leur intérêt.