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Balayer et le malfrat

Revenant sur le billet consacré au «pet-scan», Marcel Ackerman nous apporte des précisions: «Pour bon nombre de praticiens, la traduction principale de «to scan» est balayer. On balaie un spectre de masse ou un spectre de lumière en faisant varier de façon continue un champ magnétique, la position d'un prisme, d'un réseau de diffraction ou d'un miroir ou de toute autre pièce de l'analyseur. Pour toutes ces opérations les anglophones utilisent «to scan» ou «scanning». Lorsque l'on parcourt une bande de longueurs d'onde radio pour trouver une station d'émission, on dit aussi qu'on balaie. Pour repérer les émetteurs de la police, les malfrats n'utilisent-ils pas un scanner? Là aussi, les anglophones utilisent «to scan».»

Un grand merci pour ces dialogues qui font tout le sel de cette rubrique langagière. Le mot «malfrat» est intéressant lui aussi. Ce mot récent (fin du XIXe siècle) a été plutôt utilisé jusqu'à présent sur le mode ironique et plaisant. On disait même un «petit malfrat», comme si le terme de malfaiteur était trop fort pour la personne désignée. Mais le mot est revenu en force. Il a comme origine le patois du Languedoc «malfar», mal faire, qui donna «malfaras».

Martin Rolland note dans «La rouquine»: «Reprenant tout en main, Le Moël commença par établir un fichier de tous les malfrats en les classant par spécialité: les casseurs, les monte-en-l'air, les dingues du hold-up, les experts en coffiots (coffres-forts), de l'enlèvement, etc.»

Cela dit, on ne saura jamais qui remit en circulation ce malfrat choisi parmi tant d'autres termes: bandit, brigand, gangster, truand, braqueur, aigrefin, arnaqueur, canaille, gredin, escroc, voyou, mercanti... (un marchand malhonnête...) etc.

© La Libre Belgique 2005