Nouvelles directions pour l’info 360° à la RTBF

Karin Tshidimba Publié le - Mis à jour le

Médias/Télé

Comme pressenti, le conseil d’administration de la RTBF a procédé à plusieurs nominations dans le domaine de l’information. Marc Bouvier (ex- "Questions à la une") devient le nouveau directeur de l’information quotidienne en télévision. Il rejoint Dominique D’Olne (radio), Michel Lecomte (sports) et Yves Thiran (nouveaux médias) au sein de l’organigramme de la direction de l’info, sous la responsabilité de Jean-Pierre Jacqmin.

Johanne Montay, désignée comme rédactrice en chef politique belge, Maryse Jacob, rédactrice en chef Europe et international, Benoît Patris, rédacteur en chef société et Valérie Druitte, rédactrice en chef régions et localités entreront également en piste le 1er avril, chapeautant l’info trimédia (télé-radio-internet) de la RTBF pour plus d’efficacité. Une nouvelle structure détaillée par les deux principaux intéressés en marge du Figra où ils étaient invités (cf. ci-dessus).

L’idée, explique Jean-Pierre Jacqmin, est de "s’accaparer de plus en plus les grammaires des différents médias, mais pas de jouer aux Rémy Bricka de l’info toute la journée. Parfois on réagit ensemble dans l’urgence, comme lors de l’assemblée générale de Fortis. Le but est d’arriver à traduire cela en "minutes" produites ensemble, en radio et en télé, de façon de plus en plus régulière, puisqu’on arrive à le faire lors des journées "Vivre avec, vivre sans".

"On espère qu’avec cette nouvelle structure, on pourra amener des reportages et des regards neufs, comme on le fait quand on va à l’étranger. Ne pas présumer que tout le monde sait, mais montrer que c’est comme cela que les choses se passent, insiste M. Jacqmin. En suivant l’exemple d’ "Au quotidien" qui est le reflet de la manière dont les gens vivent en Communauté française."

Affirmer un regard différent

Un travail favorisé par de meilleures courroies de transmission de l’info. "Aujourd’hui les journalistes échangent au sein de la newsroom de façon intuitive, cela se fera de plus en plus." "C’est un changement culturel, souligne Marc Bouvier, un changement qui va se faire sur la longueur et de manière subtile puisqu’il s’agit d’un travail au quotidien, pas de la création d’un nouveau magazine. Il n’y aura donc pas de changement radical au 1er avril mais l’affirmation d’un regard un peu différent."

"Nous avons eu tendance à mettre la caméra du côté de l’action politique tout en la critiquant et en l’analysant, nous allons davantage la mettre du côté du public, afin de montrer comment on vit dans nos sociétés, sans misérabilisme, poursuit Jean-Pierre Jacqmin. Essayons d’avoir notre propre regard, d’être plus proactifs, d’avoir nos sources pour gagner en originalité et en spécificité. On se focalise trop sur l’agenda politique, nous n’avons pas suffisamment de recul et d’air pour aller sur les sujets. Il faut se dire qu’il y aura des choses qu’on ne couvrira plus. Mais on peut se permettre de louper certaines choses si on en a d’autres à proposer."

JT de France 2 ou de la BBC

En l’occurrence, l’idée n’est pas de se situer par rapport à RTL-TVI. La référence est plutôt celle du 20h de France 2 avec son dossier quotidien. "En dégageant quelques têtes chercheuses pour creuser un dossier et en adoptant une répartition des moyens qui soit différente." Des choix assumés à moyens constants, sans renforts supplémentaires.

"Ne peut-on pas faire le pari de parler de la politique autrement ? Montrer sa trombine à tout bout de champ n’est pas la bonne manière de faire. Ce changement culturel aura lieu du côté des politiques aussi. On parlera des mêmes problèmes mais de façon différente", insiste Marc Bouvier.

Davantage de différences entre le 13h (+ culturel + régional) et le 19h30, casser la dictature du reportage en 1 mn 45, "aller vers les 3 ou 4 minutes quand il le faut" sont les pistes poursuivies pour "donner de l’air et des envies". Voilà pour le fond. Et pour la forme : info intégrée (entre 18 et 20h) mais pas seulement. "Pourquoi pas davantage d’infos en soirée et même des flashs intégrés entre " Derrick " et " Arabesque " , lance Jean-Pierre Jacqmin. Il faut tout remettre en question." L’objectif : "Toucher l’audience sans la flatter", "just tell a story" comme le dit la BBC.

Karin Tshidimba

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