Médias/Télé Il tente un nouveau pari avec Sidonie Bonnec. France 2, 17 h 55. 

Le défi n’est pas mince pour Olivier Minne et Sidonie Bonnec. Ils reprennent la case d’accès prime time laissée vacante par "AcTualiTy", déprogrammé faute d’audience suffisante. Et c’est avec un jeu, "Tout le monde a son mot à dire", nouvelle adaptation du concept "Alphabet Game", qui fait un carton en Angleterre, en Espagne et en Italie, qu’ils vont tenter d’accrocher le public. "Une autre adaptation française, ‘En toutes lettres’, avait déjà été initiée sur France 2 avec Julien Courbet et Pierre Bellemare en 2009", rappelle Olivier Minne.

Votre version est différente ?

Nous sommes sur le même canevas. Cependant, comme c’est non seulement une émission de format, mais aussi d’ambiance, la proposition est différente, puisque les gens qui l’animent sont différents.

Quelle atmosphère voulez-vous créer ?

Une atmosphère conviviale, amusante, qui fasse que les téléspectateurs aient l’impression de faire entrer chez eux des amis sympas, pour passer la fin d’après-midi. Quand on est petit, les cours de français, c’est une tannée, et quand on est adulte, on se rend compte que la langue française est pleine de richesses, insoupçonnées parfois. L’idée est de s’amuser avec l’orthographe, l’étymologie, le masculin/féminin, les champs sémantiques, les expressions, les origines des expressions.

Une approche ludique que l’on retrouve rarement dans l’enseignement du français…

Oui, parce qu’il faut apprendre les règles. Nous jouons avec les règles qu’on nous a apprises : règles grammaticales, de syntaxe, d’orthographe. Et cela s’adresse à un public familial, parce que les enfants découvriront de nouveaux mots qu’ils ne connaissent pas encore, ou sur des mots qu’ils connaissent déjà, des sens cachés ou des origines cachées. En ce qui me concerne, cela me renvoie à mes études de lettres classiques ou à mes latines pendant mes humanités. Ce qui m’a le plus passionné, c’était d’aller à la source.

Quelle est la dramaturgie du jeu ?

Il y a quatre manches, une finale, deux candidats. Chaque candidat est épaulé par deux guests, comédiens, chanteurs, animateurs de télé ou de radio, mais en finale, les deux candidats s’affrontent seuls. Il y a un champion, qui revient tant qu’il n’est pas détrôné par un challenger, et qui peut donc amasser des gains au fil du temps. Il y a du suspense jusqu’au bout, puisque celui qui arrive en finale avec le plus de points a déjà une belle avance, mais tout peut encore se renverser. Quant aux guests, certains reviendront de manière récurrente, comme des sociétaires de l’émission.

Que représente ce jeu dans votre carrière ?

J’ai pratiqué la case, je sais que c’est un créneau horaire extrêmement concurrentiel, très difficile. Il s’agit de proposer des offres différenciées pour chaque antenne du groupe France Télévisions. Au même horaire, il y a une émission autour du décryptage de l’actualité sur France 5, du jeu pur et dur sur France 3, et nous sommes dans du jeu/divertissement.

Quel est nombre de numéros prévus ?

Il y en a 75. On a un peu moins de trois mois, jusqu’à Roland-Garros, pour installer le programme, ce qui est court, en temps télévisuel. C’est une question de calendrier, parce que la chaîne a décidé de modifier le programme en cours de saison. Mais les temps d’installation sont autour de quatre à six mois minimum pour créer un rendez-vous.

Le public vous connaît bien, c’est un avantage ?

Je fête mes trente ans de télévision cette année, mais ce n’est la garantie de rien. Cela peut déstabiliser, mais c’est aussi ce qui est agréable dans ce métier, de se dire que rien n’est jamais acquis. Comme pour un comédien, la remise en question est permanente, et je trouve ça bien, parce qu’on est en position humble.

Vous aimez aussi le challenge. Amener des animateurs sur une scène de théâtre, ce n’était pas gagné d’avance.

C’est vrai que j’aime les paris un peu fous. On réfléchit d’ailleurs à une nouvelle opération avec les animateurs de France 2, pour fin 2017. D’ici là, je retrouverai "Fort Boyard" pour une quinzième saison !