On a compté les pubs à la radio
Les marques et les slogans sont-ils si présents en radio ? RTBF et RTL au banc d'essai.
- Publié le 04-02-2016 à 10h54
- Mis à jour le 04-02-2016 à 14h44

Elles sont comme des ritournelles qui nous tournent dans la tête à longueur de journée. Elles semblent omniprésentes en radio, interrompant les programmes à tout instant. "Vous avez bien choisi", chantonne un vendeur d'électroménager. "Tous unis contre la vie chère", scande une chaîne de supermarchés. "A table", intime depuis des années maintenant une marque de sauces au nom bien belge. Et que dire de cette séries de notes de musique sifflotées par un célèbre vendeur de meubles suédois ?
Trois heures non-stop
Alors, la publicité est-elle si présente sur nos ondes ? Combien en entend-on chaque jour ? A quel rythme ? Combien de fois les mêmes spots arrivent-t-ils jusqu'à nos oreilles ? Pour répondre à toutes ces questions, "La Libre" a procédé à un test aussi simple que scrupuleux : compter toutes les publicités diffusées sur La Première et sur Bel RTL. Une par une. Pendant trois heures. De 8 heures à 11 heures du matin le mardi 2 février dernier.
Le service public diffuse volontiers de la publicité sur ses ondes. Presque autant que son concurrent privé. La Première fait la promotion de dix-sept marques, émissions télévisées ou événements soutenus par la RTBF chaque heure. Cela se fait systématiquement à doses homéopathiques, à coups de séquences d'une durée de dix à trente secondes maximum.
Le jour de notre test, une société spécialisée dans les cours particuliers surfait sur le stress post-examens de janvier pour faire la promotion de ses services. Au bout de la cinquième diffusion, nous maîtrisions le slogan à la perfection. Même chose pour une entreprise spécialisée dans les tomates qui tenait absolument à ce qu'on mette son coulis sur toutes les sortes de préparations italiennes existantes.
Période oblige, les constructeurs automobiles sont les plus présents. Pas moins de trois marques reviennent, toutes les heures, vanter leurs "conditions salons".
Sur Bel RTL, la stratégie matinale est différente. La radio privée multiplie les spots longs entre 8 heures et 9 heures, quand l'audience est importante. Ensuite, de 9 à 11h, sur la fréquence bruxelloise, les séquences étaient plus courtes et moins présentes.
La matinale, un créneau stratégique
Le nombre d'auditeurs influence évidemment le coût de chaque publicité pour les annonceurs. Celui-ci dépend en grande partie de la tranche horaire et peut aller, sans entrer dans les détails, d'une dizaine d'euros un samedi en fin de soirée à quelques milliers d'euros pendant la période très écoutée de 7 heures à 7h30.
Notre calcul a pris en compte les annonces de programmes à venir en télévision et les événements sponsorisés par chaque groupe. Chez RTL, c'est Disney qui arrive en tête des partenaires. Régulièrement, l'auditeur est invité à participer à des concours pour gagner des entrées dans le royaume de Mickey en banlieue parisienne.
Résultat : au bout de trois heures, nous avions déjà ingurgité une bonne douzaine de minutes de publicités sur La Première, contre un quart d'heure en moyenne sur Bel RTL chez qui les spots sont moins nombreux... mais aussi plus longs. On tourne donc autour de cinq minutes par heure. Cela semble peu, mais la répétition des slogans donne l'impression d'un matraquage qui confine parfois à l'aliénation.
Où est la limite justement ? Le site internet du Conseil supérieur de l'Audiovisuel (CSA) précise que "la durée maximale de diffusion de publicité par heure d'horloge est fixée à 20 %, soit douze minutes". Nos stations ont donc encore un peu de marge devant elles...
