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Dans l'émission diffusée sur France 2, On n'est pas couché, Yann Moix s'est fait remarquer pour avoir dénoncé le traitement réservé aux migrants de Calais du fait des CRS... et, ce, devant le secrétaire d'état Benjamin Griveaux.

"Le verbe enkyster, qui rappelle donc qu’il y a un kyste, ressemble étonnamment, précisément à la façon dont j’ai vu l’honneur de la République se dérouler à Calais. Je ne sais pas si vous y avez déjà mis les pieds, personnellement j’y passe régulièrement des jours et des nuits depuis quelques mois. Et ce que je vois de l’honneur de la République, Monsieur Griveaux et vous n'en n'êtes pas personnellement responsable, ce sont des CRS qui gazent les couvertures de jeunes migrants de 18 à 25 ans, qui gazent l’eau potable de jeunes migrants, qui tabassent des jeunes migrants qui sont soignés gratuitement par l’État parce qu’ils ont été frappés par la police la veille. [...] Si l’honneur de la République est de frapper des enfants à coups de matraques ou de gazer l’eau potable, et d’utiliser des termes comme kyste ou enkyster, je n’appartiens pas à la même République que vous."

Des propos qui ont suscité une vive polémique mais que maintient sans sourciller le chroniqueur de l'émission, tandis que le préfecture de police du Pas-de-Calais répondait ceci sur Twitter: "l’État assure une prise en charge de 400 migrants dans des conditions dignes, que les services de l’État renseignent quotidiennement les migrants sur les dispositifs de mise à l’abri et sur l’ensemble des droits dont ils disposent. [...] Un dispositif sanitaire est mis à disposition des migrants (points d’eau, toilettes, douches) [...] Lors des opérations menées par la police, les migrants peuvent récupérer leurs effets personnels. Tous les migrants qui le souhaitent peuvent bénéficier d’une mise à l’abri", comme le reprend Le Figaro.

Interrogé sur les ondes de Franceinfo, le principal intéressé a réaffirmé sa position. "Tout ce que j’ai dit, je l’ai vu. Et je l’ai filmé. Je n’ai comme argument que ce que j’ai vu. Je ne me serais jamais permis de parler de quelque chose comme ça sans l’avoir vu et vécu. J’ai vu des choses d’une violence incroyable." Yann Moix a ensuite apporté un peu de nuances au tableau préalablement dressé, "Je ne dis pas qu’il n’y a pas de choses positives qui se passent à Calais ou que l’État ne fait rien. Ni que les migrants sont des saints. Quand des douches ont été installées, j’ai applaudi. Je ne mets pas non plus tous les CRS dans le même panier. Je dis simplement que ce que j’ai dans la boîte, je n’ai pas pu l’inventer."