Médias/Télé

Richard Miller n'a jamais vraiment quitté la RTBF des yeux. Même dans l'opposition à la Communauté française depuis les élections de 2004, celui qui fut ministre de l'Audiovisuel entre 2001 et 2003 - période où il renégocia le contrat de gestion de la chaîne publique - a conservé un intérêt marqué pour notre paysage audiovisuel. Depuis quelques semaines, M.Miller a d'ailleurs repris la présidence de la commission culture et audiovisuel du parlement de la Communauté française.

Le député MR, assez discret ces derniers temps sur le dossier RTBF, fait un retour en force qui risque d'irriter certains responsables. Non seulement de la RTBF, mais aussi de la majorité francophone PS-CDH. Interrogé hier par "La Libre", Richard Miller met doublement les pieds dans le plat : sur la suppression de la publicité à la RTBF et sur le projet Arte Belgique.

Profitant de la brèche ouverte la semaine dernière par Nicolas Sarkozy (qui a exigé que son gouvernement négocie la fin de la publicité à France Télévisions dès cette année), l'ex-ministre de tutelle de la RTBF estime que "le débat est aujourd'hui mûr pour envisager la fin de la pub" sur les chaînes publiques de la Communauté française. "Le sujet ne doit pas être tabou et j'invite la majorité à ouvrir le débat sur la question", dit M.Miller. Le député libéral lie la nécessité de ce débat à la proposition faite, la semaine dernière, par la Commission européenne de revoir les règles de financement des chaînes publiques. "Cette réforme devrait déboucher sur une redéfinition précise du contenu et des coûts des services publics de l'audiovisuel", souligne M.Miller.

Outre que la RTBF bénéficie d'une dotation publique importante, Richard Miller considère qu'elle empiète - à concurrence de 25 pc de ses recettes totales, et bientôt de 30 pc - sur les ressources financières des opérateurs privés. Par ailleurs, il observe que "les citoyens en ont de plus en plus marre de voir la RTBF ressembler aux chaînes privées" sous la pression de la course à l'audience et aux annonceurs.

Arte Belgique : "Cher payé."

Autre sujet épinglé par Richard Miller : l'autosatisfaction de la RTBF et de la ministre de l'Audiovisuel, Fadila Laanan (PS), à propos d'Arte Belgique et du talk-show culturel quotidien "50 degrés Nord" (lire nos informations du week-end). "Le MR est tout à fait favorable à la présence d'émissions culturelles sur les chaînes de la RTBF. Mais là où je m'insurge, c'est contre le montage financier d'Arte Belgique. Alors que la RTBF bénéficie d'une large dotation, la Communauté française a dû dégager 2,6 millions d'euros supplémentaires par an. C'est vraiment très cher payé vu le taux d'audience lilliputien de "50 degrés Nord."

Opposé au projet Arte Belgique depuis le début, Richard Miller ne comprend pas l'apport financier de la ministre Laanan "alors que de grands organismes culturels (ORW, Médiathèque, etc.) rencontrent de grosses difficultés". Pour M.Miller, la RTBF devrait non seulement financer elle-même une émission telle que "50 degrés Nord", mais aussi la diffuser en bonne place sur La une ou La deux "afin de toucher un large public et pas seulement les initiés".