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L'affaire RMBI rebondit... Une fois de plus! Alors qu'on pensait le vent de la tempête temporairement apaisé suite au moratoire approuvé, fin novembre, par le principal créancier de la filiale européenne de la régie publicitaire RMB (contrôlée à 51 pc par la RTBF), à savoir la BBL, nous avons appris hier de très bonne source que ledit moratoire allait être remis en question de façon imminente par les représentants du gouvernement de la Communauté française au conseil d'administration de la RTBF. Lequel doit se réunir ce jeudi dans la foulée de la réunion hebdomadaire du gouvernement Hasquin...

Le ministre du Budget Rudy Demotte (PS) a en effet pris l'initiative d'adresser à ses collègues, ce matin, une communication par laquelle il veut octroyer un `mandat spécial aux commissaires du gouvernement dans les organes de gestion de la RTBF´ relativement au projet de convention conclu entre la BBL, RMB et RMBI. Ce moratoire, pour rappel, doit permettre à RMBI d'éviter la faillite en reportant jusqu'au 31 mars 2002 le remboursement de créances dues à la BBL (plusieurs centaines de millions de BEF). Le moratoire a été perçu, par les différents protagonistes du dossier, comme un ballon d'oxygène permettant de négocier une vente `par appartements´ des différentes sociétés constitutives de la galaxie RMBI. Vendredi dernier, des représentants de la RTBF et de la RMB étaient d'ailleurs en Allemagne pour amorcer le processus.

CONTRAIRE À L'INTÉRÊT DE LA RTBF

Patatras! Le moratoire, clé de voûte de l'opération de sauvetage de RMBI, est donc aujourd'hui remis en cause par le chef de file du PS au gouvernement de la Communauté française. S'il juge tout à fait `opportun´

de conclure un tel moratoire avec la BBL, Rudy Demotte estime qu'il n'est envisageable que s'il préserve les intérêts de la RTBF (actionnaire à 33 pc de RMBI). `Or, peut-on lire dans la note Demotte (dont nous avons pu avoir connaissance), l'examen du projet de convention qui a été négocié par la présidente de RMBI, de RMB et de la RTBF, Marie-Hélène Crombé, et par l'administrateur délégué de RMBI et RMB, Pierre-Paul Vander Sande, est manifestement contraire aux intérêts de la RTBF.´

Dans ces conditions, le ministre demande aux deux commissaires du gouvernement au sein du conseil d'administration de la RTBF (MM. Ingberg et Leblon) d'attirer l'attention des administrateurs de Reyers sur le fait que la Communauté française et la RTBF ne peuvent accepter la conclusion d'un moratoire avec la BBL que si, `au minimum´, trois conditions sont respectées. Primo: l'engagement de la RMB de ne pas accroître son endettement échu envers la RTBF. Secundo: qu'aucun privilège nouveau ne soit accordé à un des créanciers. Tertio: que la réalisation des actifs de RMBI qui pourrait intervenir bénéficie à tous les créanciers.

Faute pour le CA de la RTBF de respecter cette triple condition, Rudy Demotte demande ni plus ni moins que les deux commissaires introduisent un recours auprès du gouvernement de la Communauté française à l'encontre de la décision qui serait prise. Ambiance...

© La Libre Belgique 2001