Médias/Télé Le bourlingueurde la RTBF fête les 25 ansde ses "Carnets". A découvrir sur La Une, à 20h35.

Depuis 1991, Philippe Lambillon parcourt la planète et dispense ses conseils, des plus sérieux aux plus farfelus, aux voyageurs en détresse. L’animateur de la RTBF propose ce mercredi soir une émission spéciale "Les 25 ans du bourlingueur" (voir ci-contre) . L’occasion de découvrir quelques secrets de fabrications d’un des plus anciens programmes de notre paysage audiovisuel.

"Je n’aime pas les anniversaires , confie d’emblée Philippe Lambillon . D’ailleurs, pour le mien, je suis toujours à l’étranger, parfois dans des situations inédites. Je l’ai fêté chez les Aborigènes, les Jivaros, les Pygmées…"

Cette fois-ci, le bourlingueur a tenu à marquer le coup. Il a puisé dans ses 1 200 heures d’archives patiemment collectées dans 77 pays différents au fil de ses quelque 350 émissions.

De reporter à aventurier

Mais comment celui qui était à l’origine reporter et photographe pour différents journaux a-t-il eu l’idée de ce format inédit ? "Tout ça remonte à une trentaine d’années. J’avais lu un article à propos d’une famille belge décédée à proximité de son véhicule en plein désert du Sahara. Je me suis mis à leur place et je me suis demandé ce que j’aurais fait pour attirer l’attention et pour survivre en attendant les secours" , se remémore Philippe Lambillon.

L’animateur en était persuadé : ce concept, une fois décliné en télévision, ne tiendrait pas plus de cinq ans. Et pourtant, au fil des saisons, le bourlingueur a visité tous les continents, depuis la forêt amazonienne jusqu’au bush australien, en passant par la savane africaine et le Grand Nord.

Goût pour la mise en scène

Partout où il passe, Philippe Lambillon vous apprendra comment guérir une piqûre de scorpion, comment utiliser une vieille batterie de voiture pour faire du feu sans allumettes, où trouver de la nourriture dans une nature hostile… Le tout avec un scénario qui fait la part belle au second degré, surtout quand son personnage se retrouve dans une situation tragique. "J’adore m’amputer" , rigole l’aventurier du service public qui a toujours une réserve de faux sang dans son matériel de tournage.

Avec le temps, le succès ne se dément pas. Malgré une offre toujours plus importante du côté de la concurrence, les téléspectateurs répondent présents. "C’est rare pour une émission de tenir un quart de siècle. Mais je fais le programme le moins cher de la RTBF. C’est aussi une des raisons du succès en interne : ça coûte peu d’argent et ça fonctionne !"

Si "Les carnets du bourlingueur" est un format économique, c’est notamment grâce à la méthode de travail de Philippe Lambillon. Autour de lui sur le terrain, il n’y a qu’un cameraman et un preneur de son. On est bien loin des superproductions françaises telles qu’"Ushuaïa" sur TF1. "J’ai croisé leurs équipes en Afrique. Ils mobilisent une centaine de personnes avec des hélicoptères et des groupes électrogènes. Nous, on arrive à trois en bus."

Cette proximité forcée n’a pas que des avantages. "Parmi les équipes qui m’ont accompagné, ça ne convient pas à tout le monde. C’est arrivé que, quand nos familles venaient nous chercher à l’aéroport, chacun de nous repartait dans une direction opposée sans s’adresser la parole."

A 63 ans, Philippe Lambillon s’apprête à repartir en tournage en Amérique du Sud et en Australie. Mais avec de nouveaux collaborateurs cette fois. "Je fête les départs en retraite de mes différents cameramans depuis quatre mois" , s’amuse-t-il.

Alors, l’explorateur va-t-il bientôt ranger son chapeau d’Indiana Jones ? "Je crois que je suis prêt à m’engager encore pour les cinq années à venir. Le brin de folie est toujours là."


Soirée spéciale

Meilleurs moments. Quelques notes de flûte de pan reconnaissables entre toutes… Le générique des "Carnets du bourlingueur" est comme un appel à la découverte et à l’exotisme. Cette émission spéciale ne déroge pas à la règle. 

Dans Les 25 ans du bourlingueur, on retrouve l’infatigable aventurier au cœur d’un village africain. L’homme veut faire partager son expérience et poste donc une petite annonce sur Internet pour trouver une jeune collaboratrice. Et c’est Tatiana Silva qui répond à l’appel. La présentatrice météo de la RTBF a très envie d’en savoir plus sur les secrets d’un programme qui la fait rêver depuis qu’elle est toute petite. On découvre alors quelques astuces de tournage imaginées par Philippe Lambillon, à commencer par la façon la plus efficace de simuler l’amputation d’une jambe. 

Car, avant d’être un explorateur, l’animateur est surtout un véritable truquiste digne des meilleures séries B. Dans ses malles, on trouve par exemple une fausse main en silicone qui bouge à l’aide d’un dispositif électronique. En vingt-cinq ans, Philippe Lambillon a su garder la recette qui fait son succès : avoir l’air sérieux sans pour autant se prendre au sérieux. Le personnage de bourlingueur qu’il a créé n’a pas changé dans un univers télévisuel où un format chasse l’autre. Authentique et divertissant à la fois.