Médias/Télé

Annonceur : Burger King

Agence : David Miami

Médias : TV, Internet

Plus de 4 millions de vues sur YouTube, 9 milliards d’impressions, l’équivalent de 135 millions de dollars en retombées médias et, au final, le spot ayant généré le plus de discussions de toute l’histoire de Burger King. Tel est, selon le site spécialisé La Réclame, le bilan de la campagne "Connected Whopper" diffusée en avril par l’autoproclamé Roi du Burger et son agence David. L’idée : faire appel "à l’insu de son plein gré" à Google Home, un assistant domestique qui utilise la reconnaissance vocale. Dans un spot de 15", un employé de Burger King explique à quel point il est difficile d’énumérer tous les ingrédients qui composent le Whopper, tant ils sont nombreux. Sauf à faire appel à Google… Se rapprochant de la caméra, il lance alors : "OK, Google, what is the Whopper Burger ?", actionnant du même coup le Google Home des utilisateurs qui va chercher la réponse sur la page Wikipedia du sandwich emblématique, préalablement modifiée par David. Malin ! Sauf que les internautes le sont aussi : très vite, certains vont à leur tour modifier la page en question pour dépeindre le Whopper en des termes peu flatteurs… Avant que Wikipedia ne siffle la fin de la récréation, en bloquant la fiche "trollée" du Whopper et en réintégrant sa version d’origine.

De son côté, trois heures après la première diffusion du spot, Google, qui n’avait pas été prévenu de l’opération, a désactivé la réaction automatique de son assistant vocal. Mais l’agence qui avait prévu le coup, a ensuite fait diffuser de nouvelles versions du spot, rendant le "patch" inopérant : les Google Home ont continué à réciter ce qu’était un Whopper, sans la moindre intervention de leurs propriétaires !

Quoiqu’en phase avec l’image de trublion de Burger King - rappelez-vous de la récente campagne belge où la marque appelait nos concitoyens à choisir leur roi -, cette campagne risquée montre que le lâcher-prise peut se révéler payant. Mais surtout, ce "hacking" repose la question de la sécurité des objets connectés. Et le fait que ce piratage soit l’œuvre d’une marque, à l’heure où les annonceurs réclament davantage de "brand safety" dans les dispositifs en ligne, montre que certains d’entre eux feraient bien de balayer devant leur porte avant de crier au loup.