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En Wallonie, c’est le grand déballage. Le scandale des rémunérations indues dans les comités de secteur de Publifin a provoqué un électrochoc. On parle beaucoup des intercommunales wallonnes, des salaires dans les organismes publics régionaux… Pendant ce temps, un niveau de pouvoir passe entre les mailles du filet : la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB). 

En particulier, le montant des rémunérations au sommet de la RTBF intrigue le MR. Les libéraux estiment que le groupe audiovisuel public manque de transparence alors que les sommes versées aux top managers explosent les plafonds imposés aux dirigeants des autres organismes publics dépendant de la Fédération. "Il y a un trou au niveau de la RTBF et cela suscite beaucoup de questionnement, s’étonne Françoise Bertieaux, cheffe de groupe MR au parlement de la FWB. On sait que les rémunérations dépassent les plafonds mais on n’a pas de chiffres précis pour l’ensemble des directeurs. Le Parlement ne reçoit pas les budgets précis dans le cas de la RTBF. Il faut voir aussi les avantages en nature qui viennent s’ajouter aux salaires. Tout cela est nébuleux…"

Le MR concocte un décret

Conséquence : le MR va prochainement déposer une proposition de décret pour garantir la transparence des rémunérations dans tous les organismes d’intérêt public de la Fédération. En ce compris la RTBF, donc . "Dans les autres organismes, il n’y a pas de problème apparemment. Une fois que l’on connaîtra les montants exacts, on verra si les rémunérations à la RTBF sont acceptables ou non. Je ne veux pas jeter le bébé avec l’eau du bain mais je suis choquée par la différence entre la rémunération du patron de la RTBF et celle du patron de l’ONE (Office de la Naissance et de l’Enfance), par exemple, qui ne touche ‘que’ 127 000 euros par an."

Pour rappel, en 2012, le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a adopté une circulaire fixant l’encadrement et le plafonnement de la rémunération des gestionnaires publics. Le montant annuel maximal de la rémunération de gestionnaire public a ainsi été fixé à 245 000 euros brut. Ce plafond est indexé. A titre indicatif, le 1er janvier 2016, il était de 250 138 euros.

Il y a le fixe, le variable…

Alors, justement, quelles sont les rémunérations au sommet de la RTBF ? Une source proche du dossier nous a fourni les rémunérations des cadres dirigeants. Ne retenons ici que les trois plus gros montants, ceux qui dépassent le plafond fixé. Remarque préalable : les salaires annuels qui vont suivre intègrent la part de rémunération variable de ces dirigeants, en partant du principe qu’ils touchent 100 % de cette part conditionnée à la réalisation d’objectifs.

Il y a bien sûr le grand patron, Jean-Paul Philippot. Suite à un rabotage de son salaire (de 15,5 %), en 2014, lors de la reconduction de son mandat, il touche désormais un peu plus de 337 000 euros brut par an pour diriger l’ensemble de l’institution publique de l’audiovisuel.

Autre "gros salaire" : celui de Francis Goffin, le directeur général Radio ertébéen. Il gagne par an la coquette somme de 398 000 euros brut. Selon les données internes à la RTBF, il perçoit davantage que son administrateur-délégué car, à son salaire de base, s’ajoute une prime de 6 045 euros brut par mois versée au titre d’une assurance soins de santé, soit un peu plus de 72 000 euros intégrés dans son brut annuel. Troisième sur le podium : François Tron, le directeur des Antennes TV. Il touche 335 000 euros brut par an.

Accord du comité de rémunération

Quelle que soit la suite réservée au décret que va déposer le MR, il est bon de rappeler que la rémunération de Jean-Paul Philippot avait été approuvée à l’époque par le comité de rémunération de la RTBF. Dans ce comité, siègent des représentants des partis. Pour le PS, on retrouvait Anne Poutrain, l’éminence grise d’Elio Di Rupo, ancienne directrice du centre d’études du PS et actuelle cheffe de cabinet de Paul Magnette. Pour le MR, c’est Clarisse Albert, la personne de confiance de Didier Reynders, qui siégeait.

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Et en France?

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