Médias/Télé

COULISSES

Faute d'avoir eu accès aux salons feutrés du Sénat, Marian Handwerker s'est rabattu sur le Parlement bruxellois, rue du Lombard. Autour du réalisateur belge, techniciens et figurants font la pause sous les lustres et les lambris d'une salle de réception. Nous en sommes au seizième des 21 jours de tournage du téléfilm «Un lendemain matin», coproduction belge (RTBF, Pampa Production, To Do Today) à laquelle s'est associée France 2.

Ce lundi matin, il s'agit de mettre en boîte cinq scènes qui représenteront à peine une minute dans le téléfilm. Marian Handwerker, qui navigue entre télévision et cinéma depuis le début des années 70, est d'humeur méticuleuse. Une, deux, trois prises... Il prend le temps qu'il faut, même s'il sait le temps compté. Les salles du Parlement bruxellois doivent être libérées dans quelques heures. «J'aime beaucoup ce genre d'exercice. Il faut travailler dans l'urgence. C'est un vrai défi que de laisser une empreinte de cinéaste dans un univers de télévision», confie-t-il.

Devant la caméra, le comédien suisse Vincent Perez et notre compatriote Yves Degen rejouent l'une des scènes centrales de «Un lendemain matin». Celle où Maître Julliart (Perez) vient solliciter l'intervention du président du Sénat (Degen) en faveur du ministre Lombart (Christian Cahay), inculpé dans une affaire d'écoutes téléphoniques. «C'était bien, non?», glisse Vincent Perez. «Elle était moins raide», lui répond Yves Degen. Marian Handwerker tranche: «On refait une troisième prise!».

En coulisses, Luc Jabon et Marc Uyttendaele ont fait leur entrée. Cela fait près de cinq ans que le premier, scénariste, s'est lancé - à la demande de la RTBF - dans l'adaptation du premier roman du constitutionnaliste. Un roman qui, lors de sa sortie en décembre 1998, avait fortement déplu à Guy Spitaels. L'ex-président du PS avait accusé son avocat, Marc Uyttendaele, d'avoir rédigé un roman à clés sur leur propre histoire. «Ce livre n'était pas autobiographique du tout! Ce n'est pas mon histoire, même si le personnage joué par Vincent Perez a des ressemblances avec moi», se justifie Marc Uyttendaele.

Une fable

Roman intimiste contant les états d'âme politico-sentimentaux d'un professeur d'université, «Un lendemain matin» a été passé à la moulinette de l'adaptation. «On s'est très vite orienté, pour les besoins de la télé, vers une adaptation très libre du roman. Il a notamment fallu inventer une intrigue», explique Luc Jabon. Au bout du compte, on se retrouve avec «une fable sur les illusions de la réussite». Ou comment le destin d'un avocat à qui tout réussi s'effondre, tant professionnellement qu'amoureusement.

«Un lendemain matin», annoncé sur la RTBF et France 2 dans le courant 2006, bénéficie du talent de Vincent Perez. Manifestement ravi de ce premier tournage en Belgique, l'acteur-réalisateur suisse (son second long métrage, produit par Luc Besson, sortira en avril 2006) dit avoir beaucoup apprécié l'écriture de Luc Jabon et Marc Uyttendaele. «C'est un téléfilm intelligent qui évite les clichés et est traversé par des personnages aux facettes multiples», confie celui dont les apparitions à la télévision ont jusqu'ici été très rares.

© La Libre Belgique 2005