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Revenant sur la "gamelle" évoquée dans M. Dico il y a quelques jours, on me demande l'origine de "prendre une gamelle". Si l'on remonte à 1740, on trouve l'expression "être à la gamelle" ou "manger à la gamelle" qui signifie manger à l'ordinaire. En 1829, on enregistre le terme familier de "gamelle" pour la vie militaire. Ainsi Honoré de Balzac dans "Les Chouans" écrit : "Ces Bretons-là, dit Hulot à Gérard, feront de fameux fantassins, si jamais la gamelle leur va." En 1831 - et tout va très vite ! - on appelle "gamelle" le récipient individuel, muni d'un couvercle, et utilisé dans l'armée. C'est un mot d'argot qui veut dire bidon, quart d'aluminium. "Les hommes tendaient leurs bras, deux louches plongeaient dans deux marmites et en sortaient pour atterrir dans deux gamelles." lit-on dans "La peste" d'Albert Camus.

Par métonymie, en 1840, on désigne le contenu du récipient par le mot gamelle (et même Chateaubriand parlera de "gamellée" un mot resté rare). François Cavanna écrit dans "Les Ritals" : "Ils tapent la belote toute la journée et leur gamelle ils la bouffent dans des assiettes, comme au restaurant." Pour être complet, signalons que la gamelle est aussi un spot au cinéma, au XXe siècle forcément. Christopher Frank dans "La nuit américaine" note : "En silence, Servais ouvrit son sac pour en extraire un trépied et deux "gamelles". Il monta sur une chaise pour vérifier le voltage de l'ampoule au plafond, avant de brancher ses propres projecteurs." Mais l'origine de "prendre une gamelle" soit : tomber, et au figuré : subir un échec, est incertaine. Voici encore un titre lu dans la presse du nord de la France : "La droite doit prendre une gamelle, Le PS doit entendre les casseroles !"